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Partenariats entre grandes et jeunes entreprises : comment David peut travailler avec Goliath
Depuis environ 5 ans, les profondes remises en question des grandes entreprises françaises face aux mutations économiques et à la révolution digitale, les ont poussées à multiplier les liens avec des jeunes entreprises, afin d’innover à moindre coûts mais aussi de tisser des liens avec de nouveaux écosystèmes. Axa, par exemple, s’est beaucoup appuyé sur de jeunes entreprises pour investir dans le Big Data.
Aujourd’hui, 100% des entreprises du CAC 40 animent des partenariats avec des jeunes sociétés de croissance, contre seulement 30% il y a encore 5 ans. Sur la même période, le nombre d’incubateurs a été multiplié par 9. C’est un véritable « effet de contagion » selon Clara Gaymard, qui préside le fonds de dotation «Raise», à l’origine de l’étude « David avec Goliath » sur « l’Alliance entre les grandes et les jeunes entreprises ».
Pourtant, la France a encore du retard par rapport à ses voisins, à commencer par les Etats-Unis. Sur les 40 plus grandes capitalisations boursières de ces deux pays, les entreprises dotées de fonds de « Corporate Venture » sont deux fois plus nombreuses aux Etats-Unis, avec des montants d’investissement 24 fois plus élevés.
Sans compter qu’en France, bien qu’en moyenne 320 000 entreprises aient été créées chaque année depuis 5 ans, 50% ne survivent pas aux 5 premières années. Un véritable « tunnel de la mort » pour Olivier Marchal, président de Bain & Compagny France, qui a codirigé l’étude.
Pour comprendre comment une rencontre entre un grand groupe et une jeune entreprise peut s’avérer payante pour les deux parties, l’étude, menée par Raise, Bain & Company et la Chaire Entrepreneuriat de l’ESCP, s’est basée sur des entretiens avec 40 grandes entreprises françaises ou implantées en France, et un sondage mené par Opinionway auprès de 126 fondateurs ou dirigeants de jeunes entreprises.
Ainsi, afin de mieux construire des partenariats profitables avec les jeunes entreprises, il est d’abord essentiel de définir une stratégie à long terme, avec des objectifs précis et des outils de suivi. Il s’agit ensuite d’assurer une gouvernance lisible pour constituer une équipe de start-up, et d’assurer une structure et une équipe dédiées qui gèrent la prise de risque et l’innovation. Les grandes entreprises peuvent par exemple recruter d’anciens entrepreneurs, et les inciter au risque via des intéressements aux résultats.
Plus précisément, l’étude recommande un « guichet » unique et des investissements R&D dédiés à ces partenariats. Compte tenu de la fragilité de ces entreprises, l’étude vante aussi des « zones franches » avec des procédures allégées, des délais de paiements limités à 30 ou 60 jours et un suivi régulier.
La communication est aussi essentielle, autant pour clarifier les termes de l’accord avec la jeune entreprise que pour diffuser les bonnes pratiques en interne. L’acculturation peut aussi passer par le recrutement d’anciens entrepreneurs et les expériences d’immersion de collaborateurs au sein des jeunes entreprises partenaires.
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