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SocGen élaguerait un peu plus
Le 3 juillet dernier et par la voix de son président non exécutif Lorenzo Bini Smaghi, la Société Générale avait reconnu que mieux aurait pu être fait concernant les premières coupes de 1.600 postes annoncées au mois d'avril, mais surtout, annonçait que l'établissement était prêt à procéder à de nouvelles réductions de postes si les conditions de marché continuaient à se détériorer. Mieux vaut-il prévenir que guérir.
Or, une rumeur - non démentie par la Banque à nos équipes -, court selon laquelle l'établissement cherche à économiser 600 millions d'euros au sein de son siège social à Paris. Ce serait le Plan "Ithaque" de la Société Générale signifiant "colonie" en grec. Des services comme l'informatique, les ressources humaines ou le département financier pourraient être touchés et la Banque pourrait procéder à des centaines de nouvelles suppressions de postes.
Près de 30.000 licenciements ont été annoncés depuis le mois d'avril dans les banques telles que HSBC, Barclays, Citigroup, UniCredit et Deutsche Bank, sur fond d'accumulation croissante de dettes à taux d'intérêt négatifs, de règles de compliance de plus en plus strictes et coûteuses, et d'une digitalisation des opérations. Alors oui, les coupes dans les ressources humaines sont toujours douloureuses, mais il faut dire que l'industrie bancaire française doit élaguer si elle veut rester concurrente face à l'industrie européenne.
Des "centaines de suppression de postes", ce n'est pas grand-chose si l'on compare cette rumeur aux dizaines de milliers d'emplois que l'italienne UniCredit et l'allemande Deutsche Bank entendent supprimer. La numérisation en quelques clics des documents à fournir, les applications mobiles grâce auxquelles les virements de compte à compte sont possibles, la reconnaissance biométrique faciale, et les discussions en ligne sur le chat des sites avec des conseillers qualifiés, ont rendu obsolètes les agences, et tout le back office administratif.
En fait, la transformation numérique, qui est déjà bien entamée, ne pourra s'achever que de l'intérieur. Ce sera un choc structurel d'envergure, qui aura des conséquences bien plus graves si l'on ne prend pas le problème à la base dès maintenant. Et c'est pour cela que si la rumeur est confirmée, la Société Générale est pardonnée, car tant sur la forme que sur le fond, la Banque fait cette fois-ci les choses dans l'ordre. Dans le même temps, il serait plus judicieux pour les établissements français d'assumer une bonne fois pour toute un projet transparent et complet de refonte du système des RH, plutôt que de faire à chaque fois des bad buzz en annonçant la disparition de centaines de postes.
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