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Pour Bill Gross, l'ère du rendement facile est terminée

Selon le gérant vedette, les très belles performances réalisées ces 40 dernières années grâce à la baisse continue des taux d'intérêt et de l'expansion du crédit ne seront plus possibles dans le nouvel environnement de taux négatifs. Il faudra trouver des stratégies alternatives pour continuer de performer.
Bill Gross
Bill Gross

Les marchés boursiers se sont plutôt bien repris depuis le mini krach de début d'année (de 10% pour le CAC et de près de 14% et 16% pour les Dow Jones et le Nasdaq), mais devraient être volatiles dans les prochaines semaines, dans l'attente de la décision de la Fed et du vote britannique. Dans ce contexte encore incertain, la traditionnelle lettre de Bill Gross aux investisseurs est toujours un document intéressant pour prendre du recul sur l'état des places boursières et les performances à en attendre. Ce mois-ci, le gérant vedette de Janus a choisi d'analyser l'évolution des marchés et des portefeuilles sous un angle historique, soit sur ces quarante dernières années, pour tenter donner une vision de long terme aux investisseurs, souvent éblouis par les événements de court terme.

Or, selon le gérant, malgré quelques périodes de turbulences, telles que l'effondrement du Nasdaq 5000 ou la crise de l'épargne au début des années 1990,  les obligations et les marchés actions ont offert de très bons rendements ces quarante dernières années et de façon assez stable : ainsi les titres investment grade ont-ils apporté un rendement moyen de 7,47% entre 1976 et 2016 et ce marché n'a connu des taux négatifs sur aucune période de plus de 12 mois successifs, souligne le gérant. Si l'évolution du marché action a été plus saccadée, il reste que les rendements apportés (dividendes compris) ont été de 3% supérieurs à ceux des obligations les mieux notées. Des performances soutenues par la baisse continue des taux d'intérêt, la globalisation du commerce mondial et une énorme expansion du crédit. Mais, selon Bill Gross, "cette période remarquable" est désormais terminée car la plupart de ces tendances ne pourront plus se poursuivre. "Une nouvelle ère de rendements de ce type n'est pas probable, elle est tout bonnement impossible, à moins d'être ami avec Elon Mars et d'aller les chercher sur Mars ! La planète Terre, elle, n'offrira plus d'opportunité de la sorte", affirme le gérant de façon imagée.

Pourquoi une telle affirmation ? D'une part parce que les rendements des obligations sont tellement faibles que même en achetant des titres de plus long terme, les performances réalisées seront peu attractives comparé au niveau de risque pris en termes de durée : une obligation allemande à cinq ans "rapporte" -0,25% actuellement (en fait, elle coûte) tandis qu'un titre britannique à 30 ans offre 0,45%; mais cette différence ne permettra de réaliser que 0,40% de carry trade pour un risque pris sur 30 ans. De même, une obligations investment grade à cinq ans, n'apportera à l'investisseur un rendement que de 0,25% sur les douze prochains mois. Une autre façon pour les investisseurs d'obtenir du rendement est traditionnellement de 'vendre' la volatilité : or l'indice VIX est aujourd'hui à son plus bas niveau et il est donc difficile d'obtenir de la performance par ce biais là. Enfin, la liquidité est désormais au plus bas et ne permet donc plus non plus de faire du rendement en détenant des titres relativement moins liquides que les autres.

"Les rendements seront durablement faibles, le risque beaucoup plus élevé et l'investisseur 'intelligent' devra donc désormais adopter une stratégie différente compte tenu de ce nouvel environnement", termine le gérant vedette. Acheter la volatilité plutôt que de la vendre, shorter les obligations d'entreprises, rester liquide en conservant d'importants montants de cash ? Autant de solutions proposées par Bill Gross pour continuer d'obtenir du rendement. 

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