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Natixis offre une deuxième leçon d’économie aux candidats à la présidentielle

La banque s’attaque cette fois aux candidats qui souhaitent mettre fin à l’austérité en France. Mais de quelle austérité parle-t-on, s’interroge Patrick Artus dans une nouvelle note qui considère qu’il existe d’autres points à critiquer mais pas celui d’une politique d’austérité.
Natixiss
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Décidément, les candidats à la présidentielle semblent être la cible privilégiée de Patrick Artus ces derniers temps. Après une première alerte sur l’incompatibilité des programmes politiques avec la réalité économique de la France, Natixis remet ça, en s’attaquant cette fois aux candidats qui souhaitent mettre fin à la politique d’austérité en France. Patrick Artus, économiste chez Natixis fait ainsi le constat que l’économie française est encore très faible. L’évolution du PIB, celle du chômage, ou encore la capacité de production de l’industrie prouvent que l’économie française est encore faible, même s’il y eu un redressement sur ces points. Certains hommes politiques mettent sur le compte de l’austérité, cette faiblesse de l’économie. « Mais où voit-on des politiques d’austérité ? », s’interroge Patrick Artus. Une fois de plus, chaque argument est détricoté un par un par l’économiste.

Ainsi, concernant la politique budgétaire menée jusqu’ici, elle est loin d’avoir été assez restrictive. En effet, le déficit public est toujours en 2016 supérieur de 1,5 point de PIB à celui qui stabiliserait le taux d’endettement public. Ce constat a lieu dans un environnement de taux bas, ce qui réduit fortement les intérêts de la dette. S’il y avait normalisation des taux d’intérêt à long terme (c'est-à-dire à environ 2,5%), cet écart passerait progressivement à 2,0% du PIB pour atteindre une solvabilité budgétaire. « On ne peut donc certainement pas dire que la politique budgétaire est restrictive en France », estime Natixis. Concernant la politique monétaire menée en France, les taux d’intérêt à long terme de la France étant très faibles, la répercussion sur les taux de crédit bancaire est importante. Ainsi, les taux d’intérêt sont extrêmement bas par rapport à la croissance, et ceci fait repartir le crédit et par ricochet le début de redressement de l’immobilier résidentiel.

Autre point soulevé par Artus, la faiblesse de la hausse du pouvoir d’achat des ménages souvent dénoncée. Or, Natixis démontre dans un graphe que « les salaires réels ont augmenté plus vite que la productivité ce qui montre qu’il n’y a aucune politique d’austérité salariale », souligne Patrick Artus. Enfin, depuis la crise, avec la dépréciation de l’euro, le taux de change effectif réel de la France s’est déprécié ce qui soutient les exportations de la France. Donc là encore, aucun signe d’austérité sur ce sujet.

Au final, il est possible de critiquer les politiques économiques menées en France, mais pas sur le thème de l’austérité, l’analyse de la politique budgétaire, de la politique monétaire, de l’évolution des salaires et des taux de change montrant en effet qu’il n’y a pas eu en France d’austérité macroéconomique. « On peut par exemple regretter qu’il y ait eu hausse de la pression fiscale et non  baisse des dépenses publiques ; qu’il ait fallu attendre 2014 pour que des politiques de soutien des marges bénéficiaires des entreprises (baisse des impôts…) soient mises en place, etc… ; mais on ne peut pas regretter une austérité qui n’a pas existé », conclut Patrick Artus.

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