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Brexit : Michel Barnier douche les espoirs de la City
La City, qui plaide depuis le début des négociations pour que la Première ministre dévoile ses intentions sur le sort de la finance londonienne post-Brexit, doit être dans tous ses états. Le négociateur en chef du Brexit n'a en effet pas attendu de connaître les requêtes de Theresa May concernant l'industrie financière, pour affirmer que les banques du pays n'auraient plus accès au passeport européen, une fois sorties de l'UE.
Dans une interview au Guardian, il a ainsi déclaré : "il n'y a pas de place (pour les services financiers). Il n'y a aucun accord de libre-échange qui soit ouvert aux services financiers. Cela n'existe pas". Le secrétaire d'Etat au Brexit David Davis espérait pourtant obtenir un accord de libre-échange sur le modèle de celui qui existe entre le Canada et l'UE, mais qui intègre en plus le secteur financier. Or selon Michel Barnier, à moins que la Grande-Bretagne reste dans le marché unique, ce qu'elle a dores et déjà exclu, elle ne pourra bénéficier des avantages liés à ce marché, et notamment la possibilité pour les banques d'exercer des activités en Europe sans accord préalable.
"Je suis l'un des seuls de mon étage à croire que nous n'aurions plus accès au passeport une fois sortis ; nombre de mes collègues pensaient que nous réussirions à négocier auprès de l'UE", raconte un banquier français de la City. L'annonce de Michel Barnier risque donc d'hérisser le milieu financier de Londres, qui estime que ses intérêts ne sont absolument pas pris en compte depuis le début des négociations, alors qu'il représente près de 8% du PIB du pays (dont 4,3% pour les banques) et que Londres constitue la première place financière mondiale, ayant contribué à l'excédent commercial du pays à hauteur de 69 milliards de livres l'an dernier, selon un rapport de TheCityUk .
Le think tank financier justement, ne cesse de plaider pour que la Première ministre accélère le rythme des négociations et sécurise une période de transition qui permettrait aux banques et financiers de la City de se préparer à la sortie ; "de nombreuses entreprises ont déménagé leurs activités opérationnelles sur le Vieux Continent et une fois qu'elles sont parties, c'est trop tard pour les faire revenir ici", avait ainsi affirmé fin septembre Miles Celic, chief executive officer de TheCityUK. Selon un rapport publié par EY la semaine dernière, 10.500 emplois devraient être transférés de Londres vers Dublin, Francfort ou d'autres capitales financières européennes, une fois le pays sorti.
Si la Grande-Bretagne et l'UE se sont désormais entendues sur une période de transition dans le compromis signé vendredi dernier concernant la première phase des négociations, la City va à présent fourbir ses armes pour l'an prochain et la deuxième étape des discussions, qui porteront sur le contenu même du deal. "Ce n'est pas parce que c'est Noël qu'il faut que Michel Barnier se prenne pour Scrooge (ndlr. personnage antipathique de Dickens dans A Christmas Carol)", a affirmé Miles Celic de TheCityUK." Il est vital pour la compétitivité de la Grande-Bretagne et de l'Europe dans son ensemble que les négociations aboutissent à un deal le plus complet possible", a-t-il déclaré, rappelant que le secteur tertiaire représentait 70% du PIB britannique.
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