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Fonds / Isaï Gestion
Isaï fait du private equity tech à l’américaine
Cocorico, la French Tech se porte à merveille ! C’est en tout cas ce qu’en témoigne la levée de fonds annoncée par Isaï gestion, le fonds cofondé par Geoffroy Roux de Bézieux - le nouveau patron du Medef qui engrange son deuxième succès de la semaine - et Pierre Kosciusko-Morizet. Ce dernier a ainsi bouclé son deuxième fonds growth tech-LBO, Expansion II, en trois mois à peine, à 150 millions d’euros. Soit trois fois plus que son premier véhicule, collecté en plein mouvement de défiance envers la France « ennemie » de la finance, au début du quinquennat de François Hollande. A l’époque, Jean-David Chamboredon, qui dirige Isaï Gestion, avait mené le mouvement des Pigeons afin de contester la hausse des taxes sur les entrepreneurs qui cèdent leur entreprise, et avait finalement fait reculer le gouvernement.
Le fonds a été abondé à 90 millions d’euros par 200 entrepreneurs à succès et proches des fondateurs d’Isaï, dont Frédéric Mazzella, le patron fondateur de Blablacar (dont Isaï est actionnaire), Denys Chalumeau de Seloger, ou encore Pierre-Antoine Granjon de Vente-privée. Mais aussi des institutionnels à l’instar d’Arkea et bien sûr de Bpifrance. Il investira des tickets compris entre 5 et 30 millions d’euros, et se montre flexible, qu’il soit en minoritaire ou majoritaire, seul ou en syndication avec d’autres investisseurs.
Isaï Gestion a certes pu compter sur les belles performances de son premier millésime, pour lequel Jean-David Chamboredon anticipe un retour de 2 à 3 fois sa mise. Ce positionnement se situe en aval des investissements venture classiques, qu’Isaï propose également via son fonds de capital-risque, et a pour but de financer le développement d’entreprises plus matures. Mais il se distingue aussi par sa capacité à investir dans des secteurs traditionnels, afin d’accompagner une initiative digitale susceptible de créer de la valeur. Tout cela à un stade souvent critique où elles risquent d’être la proie de grands groupes américains.
Les Etats-Unis d’ailleurs sont un exemple pour la firme. « Nous participons à l’émergence en France du ‘Tech Private Equity’ très développé aux Etats-Unis par exemple. C’est une option de plus pour les entrepreneurs du digital qui souhaitent s’inscrire dans la durée », se félicite Jean-David Chamboredon. Présent à New York où il aide ses participations à pénétrer ce marché, Isaï Gestion compte développer ses équipes des deux côtés de l’Atlantique.
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