Bientôt une IPO à plusieurs milliards d'euros en Europe?
Delivery Hero, la start-up allemande de livraisons de repas sponsorisée par Rocket Internet, a déjà réussi un bel exploit la semaine passée, en levant près d'1 milliard d'euros à la Bourse de Francfort, soit la plus grosse IPO tech du pays depuis trois ans. Mais les rumeurs bruissent aujourd'hui d'une opération qui pourrait avoir une toute autre envergure : la prochaine mise sur le marché de Belfius, l'ex-Dexia Banque Belgique sauvée par l'Etat belge en 2011. Le conseil d'administration de la banque a déjà validé une telle option fin avril, et selon le journal L'Echo, deux banques américaines, JP Morgan et Bank of America, auraient fait des propositions concrètes auprès des autorités publiques. L'enjeu pour l'Etat est de garder une part majoritaire au capital, afin de continuer à toucher les bénéfices de la banque.
Bank of America aurait suggéré de mettre en Bourse entre 20 et 40% de l'établissement, tandis que JP Morgan est légèrement plus ambitieux, et envisage une IPO de 25 à 49% de Belfius. Elles estiment que la valorisation sera de l'ordre de 7 à 9 milliards d'euros, ce qui signifie que la banque pourrait lever entre 1,4 et 4,4 milliards d'euros au total. Mais les banques d'affaires ont aussi veillé à préserver les intérêts de l'Etat belge, qui engrange d'importants dividendes de sa filiale. Ainsi, selon l'Echo, il a reçu plus de 225 millions d'euros l'an passé et le projet viserait à augmenter le taux de distribution de Belfius, de façon à ce que la manne publique continue à être aussi largement financée post-IPO. Le gouvernement pourrait ainsi réduire la dette publique avec l'argent de l'opération, tout en continuant à toucher des bénéfices en tant qu'actionnaire minoritaire. Il pourrait décider d'ici à la fin du mois de lancer ou non cette opération.
Il pourrait ainsi s'agir d'une porte de sortie avantageuse pour l'Etat belge, qui a largement mis la main à la poche pour sauver l'ex-Dexia Banque Belgique au cœur de la crise financière. En octobre 2011, malmenée par les deux agences de notation (S&P et Moody's) qui l'ont placée sous surveillance négative, la banque perd l'accès aux financements non sécurisés et voit son cours s'effondrer. Le gouvernement vient à la rescousse en la rachetant pour 3,73 milliards d'euros, mais aussi en participant largement à la garantie de financement de 90 milliards d'euros, à hauteur de 60,5%.
Contrairement à Dexia BIL, vendu aux qataris au lendemain du sauvetage de Dexia Belgique, le gouvernement martèle qu'il veut "garder l'ancrage local durable" via l'IPO. Néanmoins, il semble maintenant plus déterminé à agir, même si un dossier pèse encore : celui de la coopérative Arco, dont les 800.000 investisseurs ont perdu leur épargne après le sauvetage de la banque. Ces derniers ont trouvé un accord avec l'Etat en fin d'année et liquidé leur structure, mais cela pèsera sur la valorisation de l'IPO. L'ambition est que cette introduction ait lieu au printemps 2018, si le gouvernement donne le "go" rapidement.
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