Adrien Tourres (PAX Corporate Finance) : banquier d’affaires entrepreneur
Adrien Tourres est issu d’une tradition familiale d’hommes non-salariés. Il a donc semblé tout à fait légitime, à celui qui a aussi pris un peu de la culture américaine du self-made man, de monter sa propre entreprise le moment opportun. Celle-ci a aujourd’hui 15 ans. Si le profil de PAX Corporate Finance a évolué, l’esprit est resté le même : apporter de la valeur ajoutée aux chefs d’entreprise. Et pour se faire, il n’y a pas de miracle : il faut, en plus des aspects financiers, connaître le business : " Je ne crois pas au modèle de banque d’affaires qui traiterait tous les secteurs et uniquement les grandes transactions. Si vous faites ça, vous ne faites que papillonner, sans apporter de valeur ajoutée en proposant des solutions innovantes et créatrices de valeur pour le secteur en question ", explique Adrien Tourres.
Le métier maîtrisé par PAX à ses débuts ? L’IT, que ce soit les éditeurs de logiciels ou les services technologiques. "Tombé dedans tout petit ", Adrien Tourres a commencé dans le conseil en organisation chez IMP Proudfoot, avant de rejoindre le groupe Transiciel, en tant que directeur de ladite SSII en 1998. Deux ans plus tard, il intègre la direction générale pour créer la direction fusions et acquisitions. En tant que patron des M&A, il réalisera pour près de 250 millions d’euros d’investissements en trois ans. " C’était complètement boulimique, on est passé de moins de 5.000 collaborateurs à 10.000, en partie grâce à la croissance externe ", se souvient Adrien Tourres.
Alors que les discussions sont entamées pour une cession de Transiciel à Capgemini, il prend conscience que son métier va s’éteindre et quitte l’entreprise. Heureusement pour lui, Adrien Tourres a su rester dans de bons termes avec son ex-employeur. Heureusement, car c’est bien ce dernier qui lui a fait confiance sur ses premières opérations chez PAX, lui permettant de lancer la machine. Et ce alors même que la bulle internet éclatait et que la concurrence était rude.
Les sujets sur lesquels PAX Corporate Finance est actif se sont depuis élargis. " En 2007, j’ai commencé à sentir que le secteur informatique n’était plus ce qu’il était. On était rentrés dans la crise et on ne pouvait plus se reposer sur un seul secteur. On a changé la stratégie de l’entreprise ", raconte Adrien Tourres. Aujourd’hui, les sept associés planchent aussi sur le segment de la communication, tel que l’univers de la communication sur les lieux de ventes. Ils travaillent aussi sur les réseaux d’enseignes, le business de proximité, comme les salles de sport ces dernières années. Les services médicaux commencent aussi à prendre de l’espace. Et chacun a ses domaines de prédilection, comme Michel Lafon qui a rejoint PAX l’an dernier et est un spécialiste du textile.
Qu’est-ce qui plait à Adrien Tourres dans ce métier ? S’il précise que ce n’est pas l’argent qui le motive, il rappelle que les chefs d’entreprise - en l’occurrence de PME - sont souvent des gens seuls dans leur rôle et que les banquiers d’affaires peuvent leur apporter un œil extérieur. " J’aime comprendre les moteurs et savoir où, dans la chaîne de valeur, le chef d’entreprise va pouvoir tirer son épingle du jeu ", explique notre interlocuteur. Ce dernier, qui sait le côté financier incontournable, évoque aussi la nécessité de faire preuve de bon sens. Des expériences américaines qu’il a pu avoir au cours de sa vie, il reconnaît au pays de l’Oncle Sam sa capacité à ne pas recourir qu’aux bons profils académiques. A noter que pour sa part, Adrien Tourres est diplômé de l’ESC Pau et titulaire d’un MBA de Clemson university.
Ce quarantenaire, marié depuis 18 ans, petit-fils de verrier, a parallèlement racheté l’an dernier avec son épouse une entreprise normande du même secteur. Sa moitié a pris la présidence de cette firme spécialisée dans les flacons de luxes pour les parfums et spiritueux. Waltersperger travaille notamment pour Chanel, maison pour laquelle elle fabrique les flacons de parfum grandeur nature. "Ce qui est très simple est souvent extrêmement compliqué. On s’arrache les cheveux mais on y arrive ! ", s’amuse Adrien Tourres, très impliqué dans ce nouveau challenge. Le banquier d’affaires élève aussi deux filles et deux garçons. A cet égard, il très admiratif de ceux qui arrivent à mener leur barque sur le sujet, sans l’ombre d’une étincelle. Parmi les activités qui réunissent la famille de ce banquier volontiers bricoleur : la voile, les membres se retrouvant plusieurs semaines par an sur leur voilier ou encore l’équitation. Adrien Tourres aime également les deux et quatre roues, sa fille aînée lorgne d’ailleurs sur le vieux combi 1977 orange, qui attend patiemment dans le garage.
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