Restructuré, le comité exécutif de Vallourec prêt à relever les défis de demain
« La nouvelle organisation va achever notre transformation et sera ainsi prête pour profiter de la vague de la reprise quand elle sera au rendez-vous », indique Philippe Crouzet, patron de Vallourec. L’homme fort du groupe de tubes a en effet annoncé la semaine dernière des adaptations organisationnelles : à compter d’avril l’entreprise se structurera autour de quatre régions et de deux départements centraux. « Les Régions sont en première ligne dans la bataille mais avec derrière, un soutien fort au niveau du groupe », précise le président du directoire. Cette évolution va de pair avec de nouvelles nominations d’hommes forts qui, pour certains, feront ainsi leur entrée au comité exécutif. De nouvelles promotions dans la strate du dessous sont également attendues dans les semaines à venir.
Pour mener à bien son projet, Vallourec a misé sur des profils, un peu plus jeunes, qui ont fait tout ou une très grande partie de leur carrière au sein de la maison. Les experts promus, souvent ingénieurs de formation, sont également tous passés par des fonctions commerciales, industrielles et ont vécu à l’étranger. « On ne peut fonctionner efficacement dans un groupe global et comprendre les collaborateurs d'autres nationalités que la sienne que si on a une vraie expérience internationale et vécu à l'étranger », souligne Philippe Crouzet. Ce qui explique que les réunions bimensuelles entre les membres du Comex se fassent en face à face mais aussi par visio conférences. Afin qu’ils puissent également échanger en chair et en os, les dirigeants se réunissent par ailleurs en séminaires. Plus globalement, Philippe Crouzet entend conserver sa méthode de travail. « Elle a déjà été éprouvée. Elle est efficace, notamment en période de crise, et je compte la maintenir », explique-t-il.
Cette internationalisation se retrouve ainsi dans le poste de l’un des nouveaux nommés au Comex : Edouard Guinotte. Basé à Dubaï, il sera chargé de l’une des quatre régions, à savoir Moyen-Orient/Asie. Cette dernière a été retravaillée afin que soient prises en compte les acquisitions comme celle de la société chinoise Anhui Tianda Oil Pipe. Edouard Guinotte respecte bien l’homogénéité des membres du Comex : diplômé des Mines de Paris, il a intégré Vallourec dès 1995. Il a notamment été responsable de l’entité « Protecteurs » de VAM Mexico pendant trois ans ou encore directeur marketing au sein de la division Automobile puis directeur Stratégie et Développement de l’activité Pétrole et Gaz du Groupe. Il a également été de 2011 à 2014, président de Vallourec USA et, depuis 2014, VP en charge du Commerce et du Développement OCTG de la Région Hémisphère Est.
Autre nouveau venu au Comex : Hubert Paris qui prendra la tête de l’Europe et de l’Afrique. Passé par l’Ecole Polytechnique Palaiseau, l’ENSTA Paris Tech et l’université de Californie, il a commencé sa carrière chez SGN (filiale d’ingénierie de COGEMA) avant d’intégrer Vallourec en 1998. Après diverses expériences au Brésil et en France, il a rejoint le groupe Salzgitter AG pour accompagner la vente de Vallourec Précision Etirage, a été CEO de l’activité tubes de précision de Salzgitter et membre du directoire de MRW, holding de l'activité tubes du groupe allemand. A son retour chez Vallourec en 2013, il a été nommé directeur qualité du groupe. Depuis 2014, il est en charge du plan de compétitivité Valens. Les deux autres directeurs de régions étaient, eux, déjà à leurs postes dans la précédente organisation. Le Centralien Nicolas de Coignac conserve ainsi son titre de directeur Amérique du Nord, tandis qu'Alexandre Lyra continuera à s’occuper de l’Amérique du Sud.
Edouard Guinotte et Hubert Paris remplacent ainsi Didier Hornet, directeur hémisphère Est, qui va prendre la tête du département développement et innovation (D&I) et Philippe Carlier, jusqu’ici directeur Europe. Au sein du département technologie, ce Centralien devra définir la stratégie industrielle du groupe, avec l’objectif de continuer à améliorer sa base de coûts. Il s’occupera aussi de la technologie et gérera les approvisionnements de la firme ainsi que le planning central. Pour sa part, Didier Hornet (ENSMA Poitiers, IAE Paris, MBA Harvard) aura pour mission de définir et mettre en œuvre la stratégie du développement des lignes de produits. Il sera également en charge de l’innovation et de la R&D. Les directions centrales, « seront là pour faire les grands arbitrages entre les régions en termes de ressources et pour optimiser les flux. Dorénavant, nous pouvons fournir les clients à partir d’unités industrielles qui ne sont pas forcément basées là où le client opère et pour cela il faut un pilotage central », ajoute Philippe Crouzet.
Qui sont les autres membres de ce Comex composé de 11 personnes ? On retrouve Stéphanie Fougou, directrice juridique, nommée secrétaire générale. Cette avocate de formation s’occupe notamment aussi d’un sujet auquel elle tient : le développement durable. Il y a également Jean-Pierre Michel (Polytechnique, IFG), membre du directoire, qui prendra sa retraite à la fin de l’année. Enfin, le directeur financier, Olivier Mallet (ENA, promotion Droits de l'homme, 1981), est également présent, tout comme le directeur des ressources humaines, François Curie. « Chez Vallourec, la DRH est une fonction dont le rôle est central, en particulier lors des changements d'organisation. Dans un premier temps, durant la phase de design, en apportant son expertise en développement organisationnel. Puis, dans un deuxième temps, en accompagnant le changement », constate l’intéressé. Il vient de la sorte d'être mis à l'épreuve avec la vente de l'usine de Saint Saulve annoncée hier.
« C’est à la fois une stratégie offensive et défensive. On met en place une organisation pour tirer profit de notre réorganisation industrielle », résume Philippe Crouzet. L’arrivée de nouveaux actionnaires dont Nippon Steel n’aurait pas influé ces changements, le conseil de surveillance étant surtout intéressé par le sujet de la relève au sens large. L’équipe autour de Philippe Crouzet est donc prête à affronter la suite. « Il y a un problème de confiance dans l'industrie pétrolière. On sait que 2017, notamment au début, sera une année encore difficile. Il faut que la remontée des prix du pétrole se stabilise pour que revienne confiance et que les investissements redémarrent ».
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