Gouvernance de transition chez Air France-KLM : quels défis pour Anne-Marie Couderc ?
Le 20 avril, Jean-Marc Janaillac, PDG d’Air France-KLM, a lancé une consultation auprès de l’ensemble des salariés sur un projet d'accord salarial. Le 4 mai, le résultat des votes est tombé : le « non » l’emportant avec 55,44% des voix. Comme Jean-Marc Janaillac l’avait annoncé en amont, il a tiré les conséquences personnelles du résultat du référendum et rendu son tablier. Aujourd’hui, la compagnie a indiqué qu’Anne-Marie Couderc assurerait l’intérim. L’ancienne dirigeante du groupe Hachette et de Presstalis, qui a aussi été ministre déléguée du gouvernement Juppé, notamment chargée de l'emploi, prend le titre de présidente non-exécutive d’Air France-KLM et d’Air France en attendant que le successeur de Jean-Marc Janaillac soit désigné.
Dans ce type de situation, trois options auraient été possibles. La première : « Jean-Marc Janaillac aurait pu exercer lui-même l’intérim mais il était mieux pour tout le monde, y compris pour lui-même, qu’il tire rapidement les conséquences des résultats du référendum. Il n’avait plus de marge de manœuvre ni de légitimité. Il a d’ailleurs très clairement exprimé sa position », explique Frédéric Marquette, directeur associé d’EIM, spécialiste du management de transition. Autre possibilité : que le nouveau dirigeant soit nommé rapidement. Enfin - solution finalement actée - faire le choix d'un manager de transition.
Ce mardi, Air France-KLM a officialisé le nom d’Anne-Marie Couderc. « Cette gouvernance de transition est instaurée pour la période nécessaire pour finaliser le processus de succession de Jean-Marc Janaillac, période qui devra être la plus brève possible », précise le communiqué. Lequel ajoute : « Le Comité de nomination et de gouvernance confirme avoir lancé les recherches pour formuler des recommandations au Conseil sur la gouvernance pérenne. La gouvernance de transition retenue ne préjuge donc en rien de la gouvernance pérenne qui sera décidée par le Conseil ».
Par ailleurs, pendant la période de transition, un comité de direction collégiale sera constitué de Frédéric Gagey, directeur général adjoint en charge des Finances d’Air France-KLM, qui fera fonction de directeur général du groupe, de Franck Terner, directeur général d’Air France, et de Pieter Elbers, président du directoire de KLM, tous deux faisant office de directeurs généraux adjoints groupe. Chacun de ces membres continuera d’exercer ses fonctions actuelles. « Les décisions du CDC seront prises en commun par ses trois membres. Le CDC aura pour mission le pilotage et le suivi des activités des fonctions Groupe et la coordination des sujets stratégiques entre le Groupe et ses compagnies aériennes », poursuit le document.
Quel intérêt pour Air France-KLM d’avoir fait appel à une dirigeante par intérim ? « On laisse le temps à l’entreprise de trouver le bon candidat », commente Frédéric Marquette, mais aussi « on laisse à tout le monde le temps de réfléchir sur ce qui s’est passé. Il faut remettre les choses à plat, comprendre ce qui n’a pas fonctionné ». Pour retrouver de la sérénité, Anne-Marie Couderc a quelques cordes à son arc, d’abord son parcours - avec ses expériences politiques et en entreprises - ainsi que son contact qualifié de facile.
D’un point de vue décisionnel, la nouvelle présidente a dit quelques mots sur sa feuille de route : « Je veillerai plus particulièrement à renforcer la cohésion du Groupe pendant toute cette période ». En effet, Anne-Marie Couderc « n’a pas vocation à prendre de décisions stratégiques de long terme. Elle va faire les arbitrages court terme nécessaires pour préserver l’avenir de l’entreprise. Elle doit aussi renouer le dialogue, faire de la pédagogie mais sans céder à la pression », conclut Frédéric Marquette.
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