WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Stéphanie Riso, femme de l'ombre des négociations sur le Brexit

Cette économiste, qui a déroulé toute sa carrière au sein de la Commission européenne, première conseillère de Michel Barnier depuis octobre 2016, a été nommée en décembre directrice de la stratégie, de la communication et de la coordination de la Task Force sur le Brexit. Très appréciée des Britanniques, cette experte des questions budgétaires ne laissera pas filer la facture britannique.
Commission européenne
Commission européenne

Directrice de la communication, de la stratégie et de la coordination de la Task Force bruxelloise chargée de préparer le Brexit, Stéphanie Riso n'accorde pourtant aucun entretien à la presse et ne tweete jamais en son nom propre. Preuve que la principale stratégie de communication de la Commission européenne au sujet du Brexit, est surtout de mettre en avant le contenu des négociations, plutôt que les hommes qui en sont à l'origine.

Cette économiste française d'une quarantaine d'années, choisie par Michel Barnier comme sa première conseillère Brexit dès le mois d'octobre 2016, peu de temps après sa propre nomination comme commissaire en charge des négociations, est pourtant l'un des personnages incontournables de l'équipe. En Grande-Bretagne, certains hommes politiques disent même préférer discuter avec elle qu'avec Michel Barnier, et Stéphanie Riso a fait d'ailleurs une fois encore partie de la petite équipe venue à Londres ce mardi, pour rencontrer les acteurs britanniques impliqués dans le Brexit, en amont des discussions qui se tiennent depuis mercredi à Bruxelles sur le sujet.

Si elle est donc depuis décembre responsable de la communication sur le Brexit côté européen, dans les faits, elle reste l'une des principales expertes de la question de la facture britannique, sur laquelle elle a planché et activement communiqué auprès des Anglais. Il faut dire que cette diplômée de l'université de Bordeaux et Dauphine est une fine connaisseuse des questions budgétaires. Celle qui a déroulé toute sa carrière au sein de la Commission, après avoir commencé en tant qu'économiste en mai 2000, entre au cabinet du Commissaire aux affaires économiques Joaquin Almunia en 2007, et poursuit dans ce même cabinet après l'arrivée d'Olli Rehn en tant que cheffe de cabinet adjointe, jusqu'en septembre 2011. Soit une période décisive pour l'exécutif économique européen, qui doit affronter la crise de la dette et assurer la survie de l'euro.

De 2011 à 2015, elle devient cheffe d'unité de la surveillance des politiques budgétaires au sein du département des Affaires économiques, avant d'être mutée en mai 2015 cheffe d'unité pour le cadre financier pluriannuel au sein de la Direction du budget. Un poste où elle sera responsable de la préparation du budget pluriannuel européen (sur la période 2014-2020), et où elle est donc aux premières lignes pour négocier avec les Etats la facture de la zone euro.

Cette experte des finances de l'UE a donc su mettre ses compétences de technicienne et d'habile diplomate au service d'un des sujets les plus délicats qu'ait connu l'UE depuis sa création : la sortie d'un Etat de l'Union. La question de la facture, qui a manqué de faire capoter les négociations sur le Brexit une bonne partie de l'an dernier, a finalement été réglée, notamment grâce à sa précision et ses talents de communication, selon la presse européenne et britannique. Alors que Theresa May et les "hard Brexiters" ne voulaient initialement pas débourser plus de 20 milliards d'euros, la somme consentie par Downing Street début décembre 2017, au moment de l'accord sur la première partie des négociations, est finalement de 39 milliards de livres nets (déduit de ce que l'UE devra verser au pays). Soit le double de ce que la Grande-Bretagne paraissait prête à accepter tout au début des discussions. Mais les négociations financières ne devraient pas s'arrêter au règlement de la facture, et Stéphanie Riso aura encore beaucoup à faire lors de la deuxième phase des négociations sur l'avenir commercial du pays avec l'UE, qui a débuté cette semaine. Le document publié hier soir sur le site de la TF50 (acronyme pour désigner la fameuse Task Force chargée de la mise en oeuvre de l'article 50 du Traité de Rome) sur la période de transition, précise d'ailleurs que tous les aspects financiers liés à celle-ci seront traités dans la partie sur les dispositions financières de l'accord de retrait final. De quoi donner encore du grain à moudre à la Madame Facture du Brexit !

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article