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Gecina tourne une page de son histoire

La foncière s'apprête à accueillir un nouveau président à la tête de son conseil d'administration, en la personne de Bernard Carayon qui a fait toute sa carrière au Crédit Agricole. Elle annonce également de bons résultats 2017 et sa volonté de remettre l'accent sur son patrimoine résidentiel dans le cadre d'une offre globale. 
Méka Brunel
Méka Brunel

C’est une page qui se tourne chez Gecina. La foncière annonce en effet le prochain départ du président de son conseil d’administration, Bernard Michel, dont le mandat arrive à échéance. Il sera remplacé par une autre personnalité bien connue du monde de la finance, Bernard Carayon, déjà nommé censeur en septembre dernier.

Bernard Michel a, en effet, longtemps présidé aux destinées de la foncière tant de façon opérationnelle que non opérationnelle. C’est lui, notamment, qui a dû gérer « l’après Rivero », cet actionnaire espagnol qui n’a pas laissé que de bons souvenirs à l’entreprise. C’est d’ailleurs en récupérant le passif de dettes laissé par cet investisseur aux pratiques douteuses, que la Caisse des dépôts du Québec, dont Méka Brunel dirigeait alors la zone Europe et aujourd’hui directrice générale de Gecina, a pu entrer au capital de la foncière. Bernard Michel ne quitte pas vraiment le secteur puisqu'il prend la présidence de Viparis (spécialisé dans les salons et les congrès) en tant que représentant de la CCI de Paris, actionnaire à parité avec Unibail-Rodamco de cette structure.

Place donc aujourd’hui à de nouvelles têtes à tous les niveaux, que ce soit celui des instances de direction que du conseil d’administration où l’arrivée d’un nouveau membre est également à l’ordre du jour : Isabelle Courville, par ailleurs présidente du conseil d’administration de la Banque Laurentienne du Canada a demandé à quitter par anticipation l’organe français compte tenu d’un emploi du temps trop chargé pour pouvoir concilier toutes ses responsabilités. Il sera donc proposé lors de la prochaine assemblée des actionnaires de Gecina de nommer Gabrielle Gauthey, directrice des investissements et du développement local à la Caisse des dépôts dont elle est membre du comité de direction.

Le futur patron du conseil d’administration de la foncière, Bernard Carayon, a, pour sa part (comme cela a aussi été le cas pour Bernard Michel), une longue carrière dans la banque derrière lui. Après avoir d’abord exercé comme professeur d’économie, il rejoint en 1978 le Crédit Agricole, où il intègre rapidement l’inspection générale du groupe et le département de gestion des risques dont il prend la responsabilité en 1991. A l’issue du rachat d’Indosuez par le Crédit Agricole, il rejoint Calyon en 1999 comme directeur des risques et de la compliance et membre du comité exécutif. En 2008, il devient directeur du pôle pilotage et contrôle d’Amundi. En mars dernier, il a été nommé conseiller auprès de la direction générale de la société de gestion.

La foncière a parallèlement présenté ses résultats annuels. Ceux-ci sont en avance par rapport aux estimations initiales, grâce notamment à la bonne intégration de sa dernière acquisition, Eurosic. Ses revenus locatifs progressent ainsi de 3,5% à 558,9 millions d’euros et le résultat net récurrent de 4,6% à 363,5 millions. Le coût de la dette est en nette réduction à 1,7% contre 2,2% un an plus tôt alors que la LTV progresse logiquement du fait de l’acquisition d’Eurosic. Elle atteint ainsi 42,4% contre 29,4%. Son ANR (NNNAV EPRA), se hisse à 152,80 euros par action (+18,2%) à comparer à 128,70 euros en 2016 grâce essentiellement à l’intégration du patrimoine de sa dernière emplette.

Pour l’année en cours, hormis le pipeline important d’opérations engagées (avec 12 projets livrables sur 245.000 m2), il est intéressant de noter que Gecina a revu sa philosophie sur son patrimoine résidentiel (représentant encore un portefeuille de 413.000 m2), préférant aujourd’hui stopper net sa vente au fil de l’eau pour, au contraire, l’intégrer dans une offre globale auprès de sa clientèle tertiaire, bien souvent à la recherche en parallèle de logements et de résidences étudiantes pour ses enfants. Et c’est là où la foncière innove par rapport à la concurrence, faisant de ce biais un axe plus structurant que le développement d’une offre de co-working (au business model pas encore établi) ou de co-living que Méka Brunel qualifie volontiers de « gadget ». Pour l’exercice en cours, elle compte sur l’impact en année pleine de l’intégration d’Eurosic (avec à la clef de nouvelles synergies), l’achèvement de ses projets de développement actuels et l’apport d’un nouveau plan de cession pour 1,2 milliard d’euros. Elle prévoit un résultat net récurrent en hausse de 3% à 6%.

Ce matin, le titre Gecina lâche un peu plus de 1% à un niveau assez proche de son ANR, à 151,80 euros.

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