Medef : Jean-Dominique Senard va-t-il pouvoir concourir ?
Aujourd'hui, les membres du conseil exécutif du Medef vont pouvoir débattre et fixer les conditions de l'élection du président du mouvement, prévue en juillet prochain. Le conseil va en effet se prononcer ce lundi sur un éventuel changement des statuts afin que Jean-Dominique Senard, président de Michelin, qui fêtera son soixante-cinquième anniversaire en mars prochain, puisse briguer la présidence. En effet, en l'état actuel, les textes ne permettent pas d'accepter les candidatures de chefs d'entreprises qui ont dépassé les 65 printemps le jour de l'élection. Or, bien que d'autres dauphins soient pressentis, comme les vice-présidents du Medef, Alexandre Saubot et Geoffroy Roux-de-Bézieux, ou encore le patron du Medef Auvergne-Rhône-Alpes Patrick Martin, c'est Jean-Dominique Senard qui est considéré jusqu'ici comme le favori.
Dans une missive, adressée aux membres du conseil le 5 décembre, l'actuel homme fort du patronat, Pierre Gattaz, tente d'éteindre l'incendie. Le président rappelle que sa succession a déjà fait couler beaucoup d'encre. "Nous devons être exemplaires dans cette élection et respecter un processus transparent et ouvert (...). Je ne soutiendrai aucun candidat et ne me prêterai pas au jeu des 'petites phrases'". Et d'ajouter : "J'attends de la part des membres du conseil exécutif une exemplarité similaire : les déclarations anonymes dans la presse ne servent pas notre mouvement et donnent une image déplorable du patronat".
Si le sujet a autant intéressé les médias, c'est que la candidature du patron de Michelin est un véritable casse-tête. Pendant un temps, a été évoquée une possible démission de Pierre-Gattaz afin de pouvoir organiser les élections plus tôt que prévu. Voire d'avancer le vote sans pour autant toucher au mandat de l'actuel président. Autres possibilités : interpréter les statuts ou les modifier afin de permettre aux candidats de se présenter jusqu'à la date de leur soixante-sixième anniversaire. "Je suis opposé à une modification ou à une interprétation des statuts", a fait savoir au Figaro, Jean-Dominique Senard. "Pour la qualité des débats de notre élection et la possibilité de choix, il me semble nécessaire d'échanger sur ce sujet et de trancher collectivement", a pour sa part indiqué dans sa lettre, Pierre Gattaz.
Plusieurs options s'offrent ce lundi aux membres du conseil. "L'idée de changer les statuts à quelques mois d'une élection est juridiquement possible, mais apparaît politiquement comme une manoeuvre de dernier moment", précise Pierre Gattaz. S'il ne soutient pas cette solution, le président souhaite néanmoins que les membres se prononcent dessus. Dans l'éventualité où le conseil validerait cette option, alors le patron proposera de supprimer toute notion d'âge. Autre moyen de s'en sortir : expliquer l'article 16 -qui traite de l'âge du candidat- sans changer la formulation des statuts. "Nous garderions alors une limite d'âge pour l'élection du président", poursuit Pierre Gattaz. Si une modification des statuts aura à être validée par une majorité des 2/3 lors d'une assemblée générale, la dernière formule ne nécessiterait pas de recours à une AG. Les votes se tiendront à bulletin secret. Il est ainsi plus difficile de savoir ce qui sera voté et si une majorité claire de voix émergera.
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