WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Volkswagen: après le scandale, le bénéfice s'envole, la rémunération du patron aussi

La rémunération totale du président du directoire de Volkswagen, Matthias Müller, a bondi à 10,14 millions d'euros, dopée par un bénéfice quasi doublé en 2017. Les efforts d'évolution en matière de gouvernance sont maintenus, affirme le dirigeant.
Volkswagen
Volkswagen

Les nouvelles de ces derniers jours soufflent le froid et le chaud sur Volkswagen. Aujourd'hui, le constructeur automobile a dit s'attendre à voir sa marge d'exploitation atteindre 4% à 5% en 2018. "Cette année et au cours des quelques prochaines années, la marque sera confrontée à des défis importants malgré l'amélioration de sa compétitivité", a indiqué le groupe. Une moindre rentabilité due notamment au programme de voitures électriques, au développement technologique et à une nouvelle procédure de contrôle des émissions polluantes. Pour autant, mardi, Volkswagen a annoncé un investissement de 20 milliards d'euros dans le cadre de son plan pour les véhicules électriques, lors d'une conférence de presse. Le même jour, son rapport annuel a été publié et donc épluché - notamment sur la partie rémunérations.

Il en ressort que le président du directoire de Volkswagen, Matthias Müller a perçu une rémunération totale de 10,14 millions d'euros au titre de 2017. Un chiffre quasiment en hausse de 40% sur un an, puisqu'il lui avait été versé 7,78 millions d'euros en 2016. Dans le détail, le salaire fixe grimpe (passant de 1,58 à 2,13 millions d'euros), tout comme le bonus lié à la performance annuelle (de 1,50 à 3,51 millions d'euros). Une fiche de paie en augmentation, que le président n'est pas le seul à avoir eue puisque les autres dirigeants de l'entreprise ont également enregistré des variations positives. C'est le cas, par exemple, de Karlheinz Blessing, qui est en charge des ressources humaines, et qui a empoché 5,3 millions d'euros, contre 4,08 millions au titre de 2016. Même tendance du côté de Herbert Diess, président de la marque VW, et ses 5,3 millions d'euros (contre 4 millions précédemment). Si les variables sont en hausse, c'est que le constructeur a notamment affiché un bénéfice net record de 11,35 milliards d'euros pour l'exercice 2017, contre 5,14 milliards en 2016 et une perte accusée par Matthias Müller en 2015.

Le document rappelle que début 2017, après le "dieselgate" donc, un nouveau système de rémunération a été mis en place pour le directoire. Les émoluments sont en partie constitués d'éléments liés et non-liés à la performance. Pour ce qui est des premiers, on retiendra le bonus annuel, assorti d'une période d'évaluation d'un an également, ainsi qu'un variable long terme, qui prend la forme d'un plan d'actions de performance sur trois ans, et des actions de préférence. La rémunération totale maximum du président a été fixée à 10 millions d'euros (avec notamment un fixe augmenté à l'époque à 2,13 millions). Les autres membres du directoire peuvent, eux, espérer atteindre les 5,5 millions d'euros (dont 1,35 million de fixe).

Si les montants versés à Matthias Müller dépassent le plafond des 10 millions d'euros, c'est parce que viennent s'ajouter la ligne retraite (613.000 euros) et certains avantages en nature. Bien que sur un an l'augmentation soit non négligeable, les 10,14 millions d'euros sont à mettre en perspective avec les chiffres passés. Selon le Financial Times, si l'ancien mode de rémunération était toujours en place, le dirigeant aurait perçu 13,15 millions d'euros. A titre de comparaison également, l'ex-patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, avait reçu 17 millions d'euros pour 2011, année faste, dont un bonus de plus de 11 millions d'euros. En 2014, il avait touché 16,6 millions d'euros.

Pour mémoire, en 2015, Matthias Müller, alors patron de Porsche, avait pris la suite de Martin Winterkorn, dans le cadre du scandale de manipulation des tests d’homologation de véhicules diesel. Lors de la conférence de presse de ce mardi, l'actuel président du directoire a dit entendre les critiques sur la gouvernance. "Moi aussi je pense que la transformation n'est pas suffisamment rapide". Et d'ajouter : "Nous ne pouvons pas relâcher nos efforts".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article