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70ème homme d'affilée à la tête de la banque centrale espagnole...

Le ministère de l’Economie a proposé le nom de Pablo Hernandez de Cos pour prendre la suite de Luis Maria Linde. A ce titre, il siégera au conseil des gouverneurs de la BCE, qui compte deux femmes sur ses 25 membres.
Banque d'Espagne - Madrid
Banque d'Espagne - Madrid

En fin de semaine, une motion de censure contre le gouvernement espagnol sera débattue. En attendant de connaître les conséquences pour le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, l’Etat continue de prendre des décisions de taille. Le ministère de l’Economie a proposé hier le nom de Pablo Hernandez de Cos pour prendre la suite de Luis Maria Linde à la tête de la banque centrale du pays. La continuité se fait à plus d’un titre. Les commentateurs s’attendent à ce que le futur patron adopte une position assez neutre sur la politique économique, similaire à celle de son prédécesseur. Et outre le fond, la forme a également été scrutée puisque Pablo Hernandez de Cos sera le 70ème homme à prendre la tête de Banco de España.

Pour mémoire, l’Espagne s’est dotée en 2012 d’un nouveau gouverneur pour sa Banque centrale un mois avant la fin du mandat de son prédécesseur. A l’époque, la tension était à son comble et Madrid sur le point de demander une aide d’urgence à l’Europe afin de sauver son secteur bancaire. Luis Maria Linde était reconnu professionnellement mais pas par le grand public. Un profil que l’on retrouve chez Pablo Hernandez de Cos, actuel directeur du département d'économie et de statistique de la banque centrale, entité où il a déroulé l’essentiel de sa carrière en sus de fonctions au niveau européen. Né en 1971, Luis Maria Linde est notamment passé par les bancs de la IESE Business School et de l’université Complutense de Madrid où il a obtenu un doctorat en économie.

Dans un communiqué, le ministère a justifié son choix par "l'expérience professionnelle", "l'indépendance" et le "mérite" du candidat. Sa nomination doit être soumise au Parlement avant d’être entérinée en conseil des ministres, a priori vendredi. Il deviendrait le 70ème gouverneur homme depuis que la Banque d’Espagne se nomme ainsi, soit depuis 1856. A titre de comparaison, la France n’a pas fait mieux pour ce qui est de la parité, avec une trentaine de dirigeants du sexe masculin qui se sont succédé depuis 1806, date à laquelle Emmanuel Crétet a endossé le premier habit de gouverneur.

Si jusque-là le monde financier a été très masculin, l’appel à des efforts en termes de parité à des postes publics seniors est monté d’un cran. L’Espagne n’aura néanmoins pas fait le choix d’une femme. Et c'est donc à nouveau un homme qui représentera le pays au conseil des gouverneurs de la BCE, qui compte 23 Adam pour 2 Eve. Ces dernières : l’une des membres du directoire, l’Allemande Sabine Lautenschläger, et la gouverneure de la Banque centrale chypriote, Chrystalla Georghadji. Les différents gouverneurs de banques centrales de la zone euro étant donc pour le reste des hommes et la BCE n'ayant connu que des présidents du sexe dit fort. Alors même que la Réserve fédérale a eu à sa tête une femme, et que la Banque centrale russe est pilotée par Elvira Nabiullina.

D’ailleurs, l’un des membres du directoire de la BCE, Benoît Coeuré, a appelé à plus de métissage. « Nous sommes engagés à favoriser la diversité - ce qui implique la diversité des genres mais pas seulement - dans nos équipes », a déclaré le Français il y a quelques jours, à Stockholm. D’ici à la fin de l’année prochaine, les mandats de quatre membres du directoire de la BCE arriveront à expiration. Le ministre des Finances espagnol, Luis de Guindos prendra en juin prochain le poste de vice-président de la BCE. L’Espagne n’a pour le moment pas gagné en parité, le reste de l’Europe fera-t-il mieux à l’avenir ?

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