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Différences de vue sur l'entreprise de demain

Si 75% des dirigeants estiment que l’entreprise de demain sera différente de celle d’aujourd’hui, ce chiffre tombe à 58% chez les salariés dont 50% chez les ouvriers, selon une étude publiée par Sycomore AM. En revanche, tous s’accordent pour dire que l’organisation doit être repensée.
Sycomore AM
Sycomore AM

Le profil de l’entreprise de demain ne fait pas consensus. Selon une étude menée par ViaVoice pour le compte de Sycomore Asset Management et publiée aujourd’hui, 75% des dirigeants estiment que celle-ci sera différente de l'entreprise d'aujourd'hui. Un pourcentage proche de celui des cadres dirigeants mais éloigné de la moyenne des salariés qui tombe à 58%, et ce encore plus lorsque ceux-ci sont ouvriers (50%). Des données qui pourraient s’expliquer par le fait qu’il est plus facile d’anticiper et de projeter le changement quand on est à un poste de management, selon les commanditaires.

Par ailleurs, les chiffres divergent entre les grandes entreprises et les plus petites. En effet, 95% des sociétés de plus de 500 salariés s’attentent à une différence entre aujourd’hui et demain, contre 70% pour celles entre 50 et 99 salariés. « Toutes les grandes entreprises se rendent compte que le modèle n’est plus tenable (...). Il y a une volonté de repenser l'organisation », explique Bertille Knuckey, responsable de la recherche ESG chez Sycomore AM. Et d’ajouter à l’égard des plus petites : « Le changement y est peut-être déjà plus intégré. Elles sont plus agiles et ont peut-être moins besoin de changer en profondeur ». Ces constats sont corroborés par le fait que 54% des 25-34 ans pensent que l’entreprise de demain sera différente. Soit un score bien inférieur à celui des 65 ans et plus (80%). « Quelque part, le changement est déjà intégré chez les plus jeunes », précise Bertille Knuckey.

Ainsi, le profil de l’entreprise de demain varie en fonction du poste du répondant. Si la nécessité d’avoir une entreprise humaine prédomine chez les salariés, c’est une société 3.0 et responsable qui arrive en premier chez les dirigeants. Un fossé qui ne gêne pas Sycomore et qui aurait même une forme de cohérence. « Une entreprise plus humaine est la précondition pour gagner en innovation (…) Le capital humain sous-tend l’innovation », explique Bertille Knuckey. A l’inverse, -dans un monde idéal néanmoins- une entreprise plus innovante et plus agile pourra être plus à l’écoute de ses salariés.

En revanche, il y a un point -étonnant ?- sur lequel salariés et dirigeants s’accordent. Ils sont respectivement 16% et 18% à estimer que l’entreprise de demain sera dématérialisée (sans locaux fixes, par exemple). Ces réponses vont à l’encontre de ce que le développement des espaces de coworking, notamment, suggère. Ce qui n’empêche pas les salariés de considérer que les travailleurs indépendants ou en tout cas que l’autonomie va se développer dans les années à venir.

Qu'en est-il alors des personnes qui manageront ces équipes ? Si le management hiérarchique n’a pas vocation à disparaître (selon 62% des salariés), en revanche les qualités attendues évoluent. Il peut paraître étonnant de noter que seulement 14% des dirigeants estiment que le manager doit être un leader naturel, qui sait fédérer autour de sa vision. Dorénavant, ce sont les qualités humaines et l’écoute des équipes qui sont davantage citées (57%).

L’étude s’est intéressée au rôle des investisseurs, qui n’est pas que financier. ViaVoice a demandé aux dirigeants et aux salariés si les actionnaires devaient en jouer un dans la stratégie sociale, sociétale et environnementale de l’entreprise. Ils sont respectivement 67% et 56% à répondre « oui ». Parmi les autres enseignements de cette étude : les collaborateurs désignent en quatrième place et juste après les banques (23%), le crowdfunding (21%) comme mode de financement des entreprises à l’avenir. Pour finir, l’enquête s’est penchée sur les entreprises qui pourraient incarner le modèle de demain. Et c’est Google (avec des taux qui diffèrent néanmoins) qui arrive en première place chez les uns et les autres. Apple est également citée. Les salariés ajoutent notamment EDF et les dirigeants McDonald's.

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