Lloyd Blankfein : la fin d’un règne chez Goldman Sachs ?
C’est une des figures emblématiques de Wall Street et le patron d’une des banques les plus puissantes au monde. Selon le Wall Street Journal, le CEO de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, s’apprêterait à démissionner d’ici la fin de l’année. Aucune décision n’aurait été prise par l’homme en poste depuis 2006, lorsqu’Henry Paulson avait été nommé secrétaire au Trésor sous l’administration Bush Junior. Ni lui ni le board n’aurait acté d’un agenda pour son départ, mais selon toute vraisemblance, il signerait sa sortie avant la fin 2019, lorsque la banque fêtera son 150ème anniversaire.
Passionné par sa fonction, Lloyd Blankfein a déjà souvent plaisanté en disant qu’il pourrait dire adieu à son bureau. Il est aujourd’hui le patron de banque avec la plus grande ancienneté, derrière Jamie Dimon chez JP Morgan. Sa longévité avait d’ailleurs lassé Gary Cohn, son numéro deux qui est parti comme conseiller économique auprès de Président américain mais qui, ironie du destin, a démissionné en début de semaine après la décision d’instaurer des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium. Pour le remplacer ont été nommés deux co-présidents, Harvey Schwartz et David Solomon.
Preuve que le scénario de son départ se précise, Lloyd Blankfein aurait détaillé les qualités et défauts des deux banquiers lors du dernier conseil d’administration, sans donner sa préférence. A 53 ans, Harvey Schwartz a dirigé la division de trading de la banque à partir de 1997 et a été un des rares à garder des positions agressives pendant la crise, ce qui a permis aux traders de Goldman Sachs de générer 33 milliards de dollars en 2009, un record jamais reproduit à Wall Street. Devenu directeur financier, il a développé une expertise pointue sur les risques et la régulation, et a travaillé étroitement avec Washington sur ces sujets. Il est également ceinture noire de karaté.
David Solomon, 56 ans, a quant à lui le profil classique de banquier d’investissement. Après un début de carrière chez Drexel Burnham Lambert, il est un des rares à avoir rejoint Goldman Sachs directement comme partner en 1999. Il a dirigé sa division de banque d’investissement, la plus rentable du groupe, pendant dix ans et s’est surtout distingué en tant que manager, qui a réduit les heures de travail pour les jeunes banquiers et a été le pilier du développement de la banque dans le crédit.
Lloyd Blankfein, qui a subi un cancer lors de son mandat, a donné aussi peu d’indications sur le choix de son successeur que sur sa future implication comme chairman de Goldman Sachs ou dans le service public, ce qui semble peu probable étant donné les vues libérales de l’homme sur Twitter. Le patron pâtit des derniers résultats décevants de la banque américaine, qui n’a pas su tirer parti d’un environnement de marché plus calme, avec une volatilité au plus bas et où les produits complexes qui font sa réputation ne sont plus aussi valorisés que par le passé. Lors de ses résultats du dernier trimestre, elle a ainsi accusé un repli de 50% de ses revenus fixed income, et un rendement sur fonds propres inférieur à ses pairs de Wall Street. Selon les propos de l’homme dans une interview l’an passé, il comptait laisser la banque « plus forte que lorsque je l’ai trouvé ». Plusieurs candidats sont en tout cas prêts à relever ce challenge à sa suite.
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