WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Conseillers de Trump : que vont faire ceux qui restent?

Après les deux conseils de CEO, l’activiste Carl Icahn a quitté son poste de conseiller spécial du Président. Mais d’autres grandes figures de Wall Street gardent des postes économiques et politiques stratégiques, et subissent de fortes pressions des deux camps.
Carl Icahn
Carl Icahn

« Le raid raté de Carl Icahn sur Washington », titrait vendredi un article du New Yorker, juste après que ce dernier a annoncé quitter son poste de conseiller spécial du Président. Le quotidien posait ironiquement la question de savoir si l’activiste avait choisi de participer activement à la nouvelle administration par amour de son pays ou par opportunisme financier. Et de noter que dès la victoire de Donald Trump annoncée, ce dernier avait investi un milliard de dollars pour tirer parti de l’inquiétude des marchés mondiaux, avant de se positionner comme intermédiaire incontournable pour les plus hautes nominations à la Maison Blanche. Il a en particulier milité en faveur de la nomination de Scott Pruitt à la tête de l’Agence de Protection de l’Environnement, un profil pro-business enclin à alléger les réglementations et donc favorable à ses propres investissements dans l’énergie. Pourtant, il ne s’est jamais enregistré comme lobbyiste auprès de l’administration.

Il ne semble pas relever du hasard que Carl Icahn ait annoncé son départ de la Maison Blanche la même semaine que les deux conseils de CEO, mais peut-être pas pour les mêmes raisons. L’homme aurait été prêt à des concessions pour faire avancer ses causes, mais aurait perdu son statut de conseiller en régulation, notamment en raison des conflits d’intérêt évidents qu’il faisait ressortir. Que ce soit par morale ou par lobbying raté, l’essentiel de Wall Street a officiellement tourné le dos au Président, même s’ils continueront à faire valoir leurs intérêts auprès de l’administration en privé.

Mais qu’en est-il de ceux qui restent ? Steve Mnuchin, le secrétaire au Trésor, lui-même un ancien gérant de hedge fund, a cru bon de déclarer qu’il soutenait le Président en fin de semaine, tant la pression s’intensifiait. Ce dernier a implicitement indiqué que ses opposants, y compris républicains, se servaient du tollé provoqué par ses propos sur Charlottesville, pour « distraire » à propos des décisions politiques actuelles. Les deux camps sont vent debout : d’un côté, Breitbart News, qui représente la droite dure et nationaliste, a publié un article dénonçant « un groupe de généraux et conseillers mondialistes de la Maison Blanche », à l’œuvre pour « trahir » le Président. De l’autre, les sensibilités de gauche et de la droite conservatrice sont vent debout contre ceux qui ne démissionnent pas pour des raisons morales.

L’enjeu est particulièrement pressant pour Gary Cohn, le conseiller économique du Président, H. McMaster le conseiller à la sécurité nationale et son bras droit, Dina Powell, qui a elle aussi quitté Goldman Sachs pour rejoindre la nouvelle administration. Ou encore pour Rex Tillerson, l’ancien patron d’Exxon Mobil qui a pris le rôle crucial de secrétaire d’Etat. Le dilemme est d’autant plus cornélien que cette branche de l’administration est particulièrement active à l’heure actuelle et fait face à une situation géopolitique mondiale particulièrement tendue. Ils ont en particulier obtenu une résolution de l’Onu pour imposer des sanctions à la Corée du Nord, approuvée par la Chine et la Russie, ou ont échafaudé la délicate stratégie militaire en Afghanistan, annoncée par le Président lundi soir. Aujourd’hui, ces grandes figures de l’administration jugent qu’il est plus important pour eux de rester engagés, tant que leur travail a un impact sur la conduite du pays. Jusqu’où cela peut-il aller ? Chacun en sera son propre juge.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article