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Trump fait écho à Richard Nixon… avant la même chute ?

Le futur président a rejeté tout conflit d’intérêt potentiel entre son mandat et ses affaires, indiquant se conformer à la loi. Mais il continue à s’immiscer dans son activité privée et à associer ses enfants à ses rencontres politiques, sans aucun garde-fou.
The Trump building
The Trump building

Lors de son interview au New York Times, Donald Trump a formulé une phrase qui n’a pas laissé indifférent : « la loi est de mon côté. Le président ne peut pas avoir de conflit d’intérêt ». Une déclaration très proche de celle de l’ex-président Richard Nixon, qui avait avancé : « lorsque le Président fait quelque chose, cela signifie que ce n’est pas illégal », lors des interviews télévisées données trois ans après sa démission. Le successeur de Barack Obama compte créer un « trust » pour la Trump Organization qui sera dirigée par ses enfants, mais n’a pas l’intention d’ériger une muraille de Chine entre ses affaires et son mandat présidentiel, et continuera de rencontrer des partenaires, a-t-il indiqué. Tout en accusant une nouvelle fois les médias de manipulation : « Avant l’élection, tout le monde savait que j’avais des intérêts dans des propriétés partout dans le monde. Seuls les médias corrompus en font une telle affaire ! », a-t-il ainsi tweeté lundi.

Et de fait, les exemples de mélange des genres se sont multipliés depuis quelques jours : en pleine composition de son cabinet, Donald Trump s’est réservé le temps de rencontrer ses partenaires indiens, une information révélée par les médias locaux même si officiellement les trois hommes n’ont pas parlé affaires. Lundi, les réseaux sociaux s’enflammaient à nouveau lorsqu’une dépêche faisait part d’une discussion entre le milliardaire et le président argentin, Mauricio Macri. Au cours de cet appel de félicitations, le premier aurait essayé de relancer le projet de construction d’une tour Trump à Buenos Aires, une information qui a depuis été démentie. Même émoi après la rencontre avec l’homme politique britannique Nigel Farage, juste après l’élection, puisque Donald Trump a reconnu lui-même avoir réitéré son opposition aux champs d’éoliennes dans le pays, qui gâchent la vue depuis sa propriété de golf en Ecosse.

Surtout, le futur locataire de la Maison Blanche ne compte pas exclure ses enfants de son univers politique, comme en témoigne la présence d’Ivanka Trump, dirigeante de la Trump Organization, lors du meeting avec Shinzo Abe, le Premier ministre japonais. Il songe même à nommer son gendre, Jared Kushner (le mari d’Ivanka) comme conseiller spécial à la Maison Blanche sur les questions liées à Israël et Palestine. La frontière sera donc très poreuse entre le cercle familial de Mr Trump, qui gère ses intérêts financiers, et son entourage politique. Mais le futur président a raison sur un point : il n’est légalement soumis à aucune règle sur les conflits d’intérêt, qui concernent le pouvoir exécutif sauf le président et le vice-président.

La particularité de ce cas de figure réside dans la force de la marque Trump à travers de multiples produits dérivés (des chapeaux, t-shirts et même des chocolats estampillés Trump sont vendus au bas de la Trump Tower !), dont le président tirera parti lors de son futur mandat. Or, la loi lui interdit en revanche de tirer profit d’intérêts venant de gouvernements étrangers, et c’est là que la frontière devient particulièrement mince, car l’homme d’affaires négocie de nombreux deals à l’étranger avec des représentants officiels des pays concernés. L’éthique sera donc un des nouveaux dossiers épineux sur la table de Donald Trump, qui mérite une attention particulière dans la mesure où elle a déjà coûté la présidence à un de ses prédécesseurs.

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