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Stéphane Boujnah (Euronext) dans "une dynamique de reconquête"

Le CEO a présenté ce matin ses premiers "vrais" résultats. La Bourse a enregistré en 2016 une hausse de 14% de son bénéfice net à 197 millions d'euros. Stéphane Boujnah nous confie son envie de poursuivre des acquisitions, telle que celle révélée aujourd'hui.
Stéphane Boujnah - Euronext
Stéphane Boujnah - Euronext

Stéphane Boujnah a présenté ce matin ses premiers "vrais" résultats annuels, et il a de quoi être fier. Le CEO d'Euronext, depuis novembre 2015, a fait état d'une hausse de 14% du bénéfice net pour 2016 à 197 millions d'euros. Le résultat opérationnel avant éléments exceptionnels s'affiche à 268,8 millions d'euros (contre 266,8 millions en 2015) malgré une baisse de 4,3% des revenus à 496,4 millions d'euros. Néanmoins, l'homme fort de la firme a exposé plusieurs données rassurantes : l'Ebitda est resté stable à 283,9 millions d'euros, l'EPS a bondi de 14,6% à 2,83 euros et le dividende proposé est en hausse à 1,42 euro par action contre 1,24 l'an dernier. Pour la suite, la plateforme reste concentrée sur son plan "Agility for Growth".

Pourtant des défis, Stéphane Boujnah en avait à relever sur la même période. "Euronext était une société indépendante depuis juin 2014 seulement. Son périmètre avait été réduit par la vente du clearing en 2003 et par la perte des dérivés du Liffe acquis par ICE en 2013", raconte celui qui a pris les rênes d’une Bourse qui était sans grand patron depuis la démission surprise de Dominique Cerruti, parti chez Altran, en avril 2015. Pour mémoire, un an plus tôt l’opérateur de marché américain ICE, avait mis en Bourse Euronext. Ce qui lui a certes offert une nouvelle autonomie mais l’a aussi obligé à revoir sa feuille de route afin de trouver des leviers de croissance pour rester compétitif dans cette industrie très concurrentielle et où les opérateurs sont souvent de taille critique ou prennent la forme de plateformes alternatives.

"Mon mandat consistait à parachever la construction d’une société indépendante et européenne, mais surtout à engager une stratégie de croissance. Pour cela, nous avons d'abord enraciné notre modèle fédéral dans tous nos marchés locaux, car nos activités sont centrées sur le financement de l’économie réelle dans la zone euro", relate Stéphane Boujnah, qui a notamment créé un centre informatique à Porto. Cela est aussi passé par une gouvernance plus fédérale. L’état-major a été remanié avec des représentants de diverses nationalités, reflétant le caractère multiculturel de la firme. On retrouve ainsi : Jos Dijsselhof, directeur des opérations ; Maurice van Tilburg, directeur général d’Euronext Amsterdam, spécialiste des infrastructures de marché ; Lee Hodgkinson, directeur des marchés et des ventes pour le groupe et directeur général d'Euronext Londres ; ou encore Vincent Van Dessel, directeur général d’Euronext Bruxelles. Anthony Attia, CEO d'Euronext Paris, est également toujours présent.

Stéphane Boujnah a également introduit une dose de collégialité supplémentaire. Ces pas en avant ont notamment facilité les rapports avec Amsterdam, qui n'ont pourtant pas toujours été simples. "Aux Pays-Bas, les relations avec nos actionnaires, nos administrateurs et nos régulateurs néerlandais sont quelque part entre parfaites et excellentes", estime aujourd’hui Stéphane Boujnah. Preuve en est l’accord signé en mai dernier avec les autorités néerlandaises pour laisser à Euronext plus de champ dans l’utilisation de son capital. 

Et l’opérateur s’en est déjà servi. Il est en train de négocier l’acquisition de LCH.Clearnet SA pour 510 millions d’euros. La chambre de compensation est cédée par le London Stock Exchange dans le cadre de sa demande de rapprochement avec Deutsche Boërse. Si cette fusion des deux pontes, actuellement entre les mains de Bruxelles, serait un caillou dans la chaussure d’Euronext, elle est donc aussi sources d’opportunités. D’ailleurs, notre Bourse souhaite continuer sur cette lancée. "Nous sommes une société très peu endettée, avec une capacité de déploiement du capital extrêmement forte. Nous ne sommes plus un objet, nous redevenons un acteur européen engagé dans une dynamique de reconquête", souligne le patron. En outre, il a annoncé ce matin avoir pris le contrôle de Company Webcast, une société néerlandaise spécialisée dans les services de conférence par internet (webcast, webinar). La transaction porte sur 51% du capital et entraîne un versement initial de 3,6 millions d'euros en numéraire. 

Euronext a également misé sur les entreprises familiales et les techs pour améliorer son offre et conquérir de nouveaux clients. L’opérateur vient de dévoiler un partenariat stratégique avec la FinTech américaine, AX Trading, afin de créer un nouveau service de négociation de blocs pour les actions. Il a de surcroît dû continuer à faire des économies pour asseoir sa solidité. "Pour renforcer nos performances opérationnelles, nous avons conduit des efforts considérables de réduction de coûts", explique Stéphane Boujnah. Ce dernier a également consacré du temps aux régulateurs et aux acteurs des places afin de créer les meilleures relations possibles. "Je suis très fier de conduire un projet européen, privé, qui marche vraiment, tout particulièrement dans un contexte de Brexit et au moment où tous les Européens, surtout dans la zone euro, doivent réinventer des ambitions collectives pour nourrir un destin commun."

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