Ramon Fernandez ne manque pas de dossiers chez Orange
Loyauté, ouverture, engagement et esprit d’équipe : voilà les quatre valeurs qui avaient été actées au sein du Trésor, lorsque Ramon Fernandez en était directeur. C’est d’ailleurs l’une des fiertés de l’intéressé. « Au début j’étais sceptique et trouvais ces valeurs un peu gadget, mais en réalité il était extrêmement important d’identifier et de faire vivre ces valeurs, un peu comme un code génétique que l’on s’engageait à respecter », explique Ramon Fernandez. Dorénavant directeur général délégué, en charge des finances et de la stratégie d’Orange, ce dernier semble coller aux préceptes qu’il a imposés à ceux avec qui il a travaillé. Les personnes, avec qui il collabore, ne tarissent en effet pas d'éloge sur sa personnalité. Ce qu’il a d’ailleurs un peu en commun avec Stéphane Richard, patron du groupe qu’il avait croisé lorsqu’ils travaillaient tous les deux en cabinets et qui lui a proposé le poste.
Sur le plan professionnel pur, Ramon Fernandez n’a pas chômé depuis qu’il est arrivé au sein du groupe de télécommunications en 2014. Il a été mis directement dans le bain avec la (grosse) acquisition de l’opérateur espagnol Jazztel pour 3,4 milliards d’euros. Il a alors travaillé avec son prédécesseur, Gervais Pellissier, DG délégué Opérations en Europe aujourd'hui. Une nouvelle occasion de transformer l’essai et de tisser des liens de confiance avec les équipes : la mise en place du plan stratégique Essentiels2020, qui a débuté en 2015. Ramon Fernandez est également président du conseil d’administration d’Orange Bank, la filiale bancaire de l’opérateur français, qui doit être bientôt lancée. « C’est une innovation, une voie de diversification, un projet stimulant auquel adhèrent nos salariés et qui est aussi un véritable défi mobilisateur pour l’entreprise », commente Ramon Fernandez.
Et pour la suite ? « On est dans une phase d’intégration d’opérations importantes, que ce soit Jazztel, les quatre acquisitions menées en Afrique ou celle sur le cloud et la cybersécurité », souligne le DGD. Par ailleurs, Orange, entreprise en partie détenue par l’Etat, « partage la priorité donnée par le nouveau Président de la République à la connectivité du pays. Rappelons qu’Orange investit 3,4 milliards d’euros par an en France et 7 milliards au niveau du groupe », poursuit Ramon Fernandez. En outre, Emmanuel Macron prévoirait de vendre une partie de la participation de l'Hexagone dans Orange. « L’Etat actionnaire prendra ses décisions. Pour l’entreprise, c’est une donnée exogène », indique le directeur général délégué.
En matière de gestion des participations publiques, Ramon Fernandez connaît bien son sujet. Il a été directeur du Trésor (en remplacement de Xavier Musca, qui lui-même prenait à l’Elysée la place de François Pérol, parti chez BPCE), pendant une période relativement longue pour le poste (2009-2014). Il a ainsi pris part à la gestion de la crise de la zone euro et œuvré sous différents Présidents : Nicolas Sarkozy et François Hollande. « Ce qui change c’est d’abord la personnalité du ministre de l’Economie ou des Finances. Certains sont plus actifs que d’autres dans la gestion et le pilotage de leurs administrations », souligne Ramon Fernandez.
Si ce dernier n’a pas pris part à la campagne de Nicolas Sarkozy, il a néanmoins été également conseiller du Président de la République en première partie de quinquennat (2007-2008), « la période la plus passionnante », avant d’être nommé directeur de cabinet du ministre du Travail, des Relations Sociales, de la Famille et de la Solidarité (2008 - 2009). Ce dernier poste auprès de Xavier Bertrand était éloigné de ses domaines de prédilection et pourtant : « On y a fait se croiser différents mondes qui souvent méconnaissent les contraintes des autres parties », commente-t-il. Auparavant, Ramon Fernandez avait également sévi au cabinet du ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, Francis Mer (2002-2003), où il a pu plancher sur la loi de sécurité financière.
Outre ces expériences en cabinets, Ramon Fernandez (IEP Paris, ENA -promotion Gambetta, 1993) a avant tout été un enfant du Trésor. Il y a notamment travaillé sur l’énergie, les transports et l’urbanisme en début de carrière avant de s’intéresser au marché financier. « C’était un peu la préhistoire à l’époque, le Trésor autorisait au téléphone chaque emprunt des entreprises sur le marché de l’eurofranc… », commente Ramon Fernandez. Au sein de l'institution, il a notamment été en charge du bureau énergie, télécommunications et matières premières ou encore spécialiste de la dette, du développement et des marchés émergents. L’homme a également fait un passage de deux ans au FMI à Washington, en tant qu’administrateur suppléant. Période dont il a gardé une photographie qui trône parmi d’autres dans son bureau chez Orange.
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