Guillaume Rambourg mise sur les actions européennes
Guillaume Rambourg, père du hedge fund Verrazzano, aime le tennis et n’hésite pas à regarder des matchs en plein milieu de la nuit lorsque les duels valent le coup. Il vient ainsi de s’associer à Patrick Mouratoglou, coach de Serena Williams, pour lancer un nouveau tournoi ATP. Baptisé Verrazzano Open, ce dernier aura lieu au sein de la Mouratoglou Tennis Academy du 3 au 9 avril. Car si l’activité de gestionnaire est très prenante et très sérieuse, Guillaume Rambourg trouve important de savoir garder un côté ludique. Aujourd’hui à la tête de 900 millions de dollars sous gestion, l’ex-gérant star londonien de Gartmore ne regrette pas d’avoir monté sa propre maison fin 2011 à Paris. Les vents contraires ont été nombreux ces dernières années, il affichait d’ailleurs un portefeuille de 1,5 milliard de dollars début 2016. Toutefois, Guillaume Rambourg croit en un avenir meilleur pour les actions européennes, son terrain de jeu de prédilection.
« Nous ne sommes pas obsédés par la direction des marchés. On mise sur des sociétés sur lesquelles on croit et on est short sur les sociétés qui vont moins bien », explique l’intéressé, spécialiste du stock-picking sur les plus grandes entreprises européennes. Pour lui, la meilleure situation est la suivante: « Ce que j’aime c’est choisir les sociétés. L’idéal est un environnement où il y a une dispersion plus importante et une faible corrélation aux événements macroéconomiques, comme cela a été le cas dans les très bonnes années entre 2003 et 2007 », poursuit-il.
La période qui s’ouvre pourrait être décisive, notamment à l’heure de l’élection présidentielle française. Guillaume Rambourg constate que les investisseurs, notamment américains, s’intéressent de près à la situation politique de l’Hexagone. Or, leurs marchés étant au plus haut et l’Europe en retard, il ne faudrait qu’un léger sursaut pour que le Vieux Continent soit à nouveau un objet de plus grand d’intérêt. « François Fillon et Emmanuel Macron sont parmi les candidats les plus market-friendly en France depuis 40 ans. Ils ont une ambition de réforme très claire. En cas de victoire, un regain d’intérêt majeur pour l’Europe pourrait se concrétiser, d’autant que le marché européen est au plus bas en termes de performances relatives par rapport aux Etats-Unis. Si la confiance des investisseurs revient, on pourrait assister à un fort mouvement de fusions et acquisitions », estime le patron. En cas de victoire de Marine Le Pen, ou de risque de victoire, le gérant n’hésiterait pas à réduire la voilure sur la France et les pays périphériques, même si ce n’est pas son scénario central.
Outre les autres risques, comme la fin du quantitative easing de la BCE, les élections italiennes, Guillaume Rambourg a une structure bien en place pour parer un hard Brexit. Il a demandé et obtenu l’an dernier un agrément du gendarme britannique, la FCA, pour exercer de part et d’autre de la Manche. Il a ainsi un bureau à Mayfair, ouvert d’abord pour des questions de marketing, où sept personnes travaillent. Le siège de Paris compte, lui, 13 âmes et dépend de l’AMF, le régulateur français. Pourquoi Paris alors que Guillaume Rambourg a grandi à New York, et travaillé 18 ans à Londres, dès son service militaire en entreprise en 1994 ?
Paris a d’abord été, en réalité, un choix familial. « Après avoir rencontré des gérants comme Carmignac, Exane, mais aussi l’AMF ou Bercy, je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de choses qui se passaient ici et qu’il était possible de réussir », précise Guillaume Rambourg, diplômé de l’Essec. Ce dernier avait eu également envie de tourner la page après avoir fait l’objet d’enquêtes en interne chez Gartmore et de la FCA à la suite de l’IPO de son précédent employeur. Il a depuis pris conscience de ce que c’était de partir de zéro et d’être dans une structure où l’argent n’arrive pas tout seul et où il faut convaincre.
En tout, ce sont trois personnes de Gartmore qu’il l’ont rejoint à Paris. Son ancien compagnon d’aventure à Londres, Roger Guy, un pionnier de la gestion « long-short equity » en Europe, a lui préféré prendre sa retraite à 44 ans et n’a depuis plus regardé un écran. Les deux hommes ont connu et ont fait partie des précurseurs londoniens dans le secteur des hedge funds, qu’ils ont commencé à conquérir dès 1995, avec une performance moyenne sur dix ans de 13% par an. Le nombre de fonds long/shorts investissant sur l’Europe est ainsi passé de 14 en 1999 à 430 en 2007.
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