Bono et Richard Branson, investisseurs d'un méga fonds responsable
Avoir les dirigeants les plus « successful » de la planète ainsi qu’une star du show business à ses côtés, est certes un argument de poids pour lever des fonds. TPG Growth, la division de croissance du géant américain TPG Capital, en a sans aucun doute bénéficié pour closer le Rise Fund, un fonds de 2 milliards de dollars dédié à « l’impact investing », soit l’équivalent d’une stratégie Environnement, Social et Gouvernance (ESG). « Depuis un an et demi, nous avons travaillé pour définir les critères et pouvoir mesurer l’impact de nos investissements et publier leur valeur monétaire », explique Bill McGlahan, cofondateur et managing partner de TPG Growth, qui a été à l’origine de ce fonds, en partenariat avec Elevar Equity et Bridgespan Group. Alors que l’objectif initial était de 1,5 milliard de dollars, ce véhicule a été bouclé à son hard cap en seulement sept mois et a attiré des banques traditionnelles comme Bank of America et UBS.
Le fonds a réussi à rassembler des noms prestigieux à son board : Bono, déjà très actif dans l’investissement responsable et fondateur d’Elevation Partners, mais aussi Richard Branson, Pierre Omidyar et Jeff Skoll (fondateur et ancien président d’eBay), Reid Hoffman (fondateur de LinkedIn), Lynne Benioff (femme de Marc Benioff, fondateur de Salesforce), Paul Polman (CEO d’Unilever), mais aussi David Bonderman et Jim Coulter, les deux fondateurs de TPG Capital.
Basé à San Francisco et dans le Texas, TPG ambitionne d’institutionnaliser l’investissement responsable à grande échelle avec ce fonds. Il a ainsi mis en place une série de critères applicables à chaque société pour évaluer les conséquences financières d’une politique ESG, mais aussi le rendement minimal requis traditionnellement par le private equity. L’approche diffère selon les participations : chez le producteur indien de produits laitiers Dodla Dairy, Rise Fund a évalué la hausse du niveau de vie des agriculteurs qui vendent leur lait à la société. Chez EverFi, qui vend des programmes digitaux éducatifs sur le harcèlement sexuel, la valeur se calcule en économies de fais légaux et médicaux.
Sur les cinq premiers investissements déjà faits, deux sont en Inde, mais Rise Fund vise aussi le continent africain. « Il faudra pourvoir 10 millions d’emplois cette année, et encore 10 millions l’année prochaine et celle d’après, seulement en raison de la démographie. Nous n’y arriverons pas tant que nous n’allouerons pas de capital responsable et évolutif pour parvenir à ces objectifs », martèle Bill McGlahan. Il semble écouté dans la mesure où le segment de l’investissement responsable est en plein émergence : selon Preqin, 13 fonds ESG ont amassé un total de 4,7 milliards de dollars depuis le début de l’année, et dépasse déjà les 4 milliards levés sur l’ensemble de l’année 2016. HgCapital a pour l’instant le record, avec un fonds de 3 milliards de dollars levé l’an passé sur cette stratégie.
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