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Assemblées générales 2018 : pas un parcours de santé pour tout le monde

Les actionnaires d'Essilor se sont montrés circonspects sur les rémunérations lors de l'AG de mardi. Les réunions d'actionnaires d'autres sociétés n'ont pas non plus toujours enregistré de scores mirobolants sur le sujet. 
AG - assemblée générale - actionnaires
AG - assemblée générale - actionnaires

Les assemblées générales 2018 ne promettaient pas d'être une saison agitée, et pourtant. Depuis le début de la saison des AG, les actionnaires n'ont pas hésité à faire savoir parfois leur mécontentement, comme cela a été le cas chez Vinci la semaine dernière, à travers des votes sur les rémunérations ou des scrutins touchant aux administrateurs. Mais ces derniers jours de grands raouts montrent des porteurs de parts qui se font entendre sur certains sujets, tel que celui des rémunérations, quand cela leur paraît nécessaire.

Hier, Essilor en a fait les frais. Bien que les actionnaires aient validé toutes les résolutions présentées, les scores n'ont pas toujours été mirobolants. Sur le volet fiches de paie, les investisseurs n'ont voté qu'à 58% les éléments fixes, variables et exceptionnels composant la rémunération totale attribuée au titre de l'exercice 2017 à Hubert Sagnières, PDG et à Laurent Vacherot, DG délégué. Ces chiffres sont en baisse par rapport à l'an passé, où les actionnaires avaient voté à 87% "pour". Si le score concernant les engagements relatifs à l'indemnité de rupture de Laurent Vacherot est meilleur (69%), il reste néanmoins inférieur au seuil de 80%, en dessous duquel il est considéré qu'il y a une certaine remise en cause de la part des sondés. 

Dans le détail, la rémunération 2017 d'Hubert Sagnières, totalisait 2,014 millions d'euros (+14,5% sur un an) d'éléments fixes et variables ainsi que 50.000 actions de performance d'une valeur comptable de 2,7 millions d'euros. Le conseil d'administration avait décidé d'attribuer au PDG 15.000 actions de performance supplémentaires au titre de l'exercice 2017, dont il pourra jouir en cas de réalisation de la fusion avec Luxottica. Attribution qui aurait notamment pesé sur le scrutin lors de l'AG. 

Du côté des autres AG, la contestation a été moins appuyée. Toutefois, les scores sont à noter, puisque les éléments de rémunération dus ou attribués à Carlos Tavares au titre de 2017 n'ont reçu que 78% de votes favorables. Néanmoins, ce score est meilleur que l'an passé puisque le président du directoire n'avait récolté que 73% des voix. Les autres dirigeants du groupe ont en 2018 obtenu des scores qui passent la barre des 80% : 80% pour Jean-Baptiste Chasseloup de Chatillon, directeur financier, 95% pour Maxime Picat, directeur opérationnel et pour Jean-Baptiste Quémard, directeur zone Afrique-Moyen-Orient, et 99% pour Louis Gallois, président du conseil de surveillance du constructeur automobile.

Du côté de Veolia, pas de remous à relever pour ce qui est des rémunérations. Celle d'Antoine Frérot, PDG, a en effet réuni 93% des voix (contre 69% en 2017), même si le renouvellement de son indemnité de départ n'a été approuvée qu'à hauteur de 70%. Un chiffre proche de celui du renouvellement du mandat d'administrateur du PDG, qui n'a comptabilisé "que" 69% de "oui".

Enfin, en ce qui concerne Vivendi, qui a tenu son AG le 19 avril, les votes sur les rémunérations d'Arnaud de Puyfontaine, président du directoire, de Gilles Alix et de Cédric de Bailliencourt - membres du directoire - sont autour des 80%, tandis que ceux concernant Frédéric Crépin, Simon Gillham, Stéphane Roussel et Hervé Philippe - aussi membres de la haute instance - atteignent plus de 97%. Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance jusqu'alors s'en est sorti haut à la main, avec un score de 99%. Il n'y a donc pour le moment pas de tendance forte qui se dégage, mais quelques contestations par-ci par-là qui montrent que les actionnaires sont dans leur rôle.

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