CEO : le MBA bat de l’aile
Pour la quatrième fois, le cabinet de recrutement Heidrick & Struggles s’est intéressé au chemin à parcourir pour devenir CEO de grands groupes. Les auteurs de l’étude, présentée aujourd’hui (Route to the Top 2017), se sont penchés sur les patrons des groupes importants (environ 100 par pays) en Allemagne, en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. « Pour être agile, le PDG de demain se trouve là où on ne le cherche pas encore assez : dans la diversité », est-il ainsi écrit. Tout d’abord, la diversité n’est pas vraiment une affaire féminine. « Les chiffres sont pathétiques », a commenté l’un des managing partners Hervé Borensztejn. En effet, seulement 8% des dirigeants sont des dirigeantes aux Etats-Unis, 6% au Royaume-Uni, 2% en France et... 1% en Allemagne. Le cabinet craint ainsi qu’en l’absence de régulation -comme c’est le cas dans l’Hexagone où des quotas d’administrateurs ont été mis en place- il n’y ait pas d’amélioration significative rapidement.
Autre enseignement de l’étude : « les entreprises semblent plus que jamais ouvertes à nommer un PDG étranger ». Ainsi, le Royaume-Uni est le plus avancé en la matière avec 40% de PDG non-britanniques (35% en 2015). La France est en retard sur le sujet, puisque les dirigeants venus d’ailleurs ne comptent que pour 10% (+2 points). Un écart qui s’explique notamment par la nécessité de parler français lorsque l'on œuvre dans l’Hexagone, comme cela est le cas de l'allemand Thomas Buberl (AXA). Ce qui réduit le vivier de talents. Par ailleurs, outre-Manche, les patrons viennent souvent des Etats-Unis ou du Commonwealth, et parlent donc bien anglais. Le cabinet souligne ainsi l’enjeux pour notre système éducatif de mettre en avant la pratique des langues étrangères. Le régime d'impatriation serait en revanche plutôt alléchant pour les étrangers tentés par l’Hexagone. Les rémunérations peuvent en revanche être un frein, comparées à celles offertes par d’autres pays, comme les Etats-Unis.
A noter également que les types de parcours évoluent peu depuis 2011. Heidrick & Struggles note que la majorité des PDG ont un haut niveau d’études : 68% en Allemagne, 69% au Royaume-Uni, 70% aux Etats-Unis et 86% en France. Notre pré-carré a comme particularité l’ENA, filière administrative par laquelle nombre de patrons sont passés (18% de hauts fonctionnaires). La France privilégie également les profils d’ingénieurs (24%), tandis que les autres pays plébiscitent les formations financières (21% en France). Toutefois, un diplôme « bat de l’aile » : le MBA. Aux Etats-Unis, le nombre de PDG titulaires d’un MBA perd 14 points depuis 2011 (-11 points en France). Une tendance qui pourrait s’expliquer, selon les auteurs, par le coût de ces formations. Un coût qui pousse les personnes à mettre en parallèle le bénéfice qu’ils peuvent en tirer. A l'inverse, parmi les modes d’apprentissage privilégiés, Heidrick & Struggles cite les formations d’entreprise. « Celles-ci ont un niveau au moins égal à des formations extérieures », estime Hervé Borensztejn.
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