Rémunérations des dirigeants : ce qui pèse dans la balance
Les comités de rémunération des grandes entreprises cotées ont plusieurs moyens pour nourrir leur réflexion sur la manière dont ils doivent déterminer les émoluments des dirigeants. Parmi eux : les benchmarks. C’est ainsi que les cabinets Essere Associés et Kienbaum ont fait paraître un guide sur le sujet, qui se présente comme un outil d’aide à la décision. Ce dernier se base sur les rapports annuels 2017 des sociétés du CAC 40 et du SBF 80. Il en ressort que le fixe, le variable, et les incitations long terme sont, dans l’ordre, les éléments de rémunération les plus fréquemment utilisés. La médiane des émoluments globaux des patrons (« premiers dirigeants ») atteint les 3,9 millions d’euros au sein du CAC 40 et les 1,8 million pour le SBF 80. Comment se découpent ces rémunérations et qu’est-ce qui pèse le plus dans la balance ?
La taille de l’entreprise est évidemment un facteur clef. A noter néanmoins qu’en moyenne une société du CAC 40 a une taille environ cinq fois plus importante qu’un groupe du SBF 80 mais que les rémunérations sont un peu moins de deux fois supérieures. « Au-delà de la taille, il y a d’autres facteurs explicatifs des écarts de rémunération, tels que le potentiel de création de valeur, qui correspond au ratio de la capitalisation boursière sur la valeur comptable des capitaux propres. Certains secteurs comme la chimie, la pharma ou le luxe ont des ratios plus élevés, alors que d’autres ont des ratios plus faibles, comme l’énergie, l’immobilier ou l’environnement », explique Sofia Sefrioui, directrice Rémunération & Performance chez Kienbaum France. "Une fois les rémunérations normalisées pour la taille des entreprises, il est constaté une variation importante entre les rémunérations globales médianes des premiers dirigeants MS (mandataires sociaux, ndlr) selon les secteurs : de moins de 1,3 million d'euros pour le secteur 'Energie et environnement' à plus de 3,9 millions d'euros pour le secteur 'Autres industries', soit un rapport du simple au triple entre le secteur le moins rémunérateur et le plus rémunérateur", ajoute le document.
Autre critère qui pèse dans la balance : la concentration de l’actionnariat et la présence de l’Etat au capital. Si l’impact à la baisse de ce dernier sur les émoluments n’est pas une surprise, l’actionnariat l’est un peu plus. « La concentration de l’actionnariat mesurée par la part détenue par les trois principaux actionnaires, est un des facteurs qui impactent de manière négative le niveau de rémunération. Ce constat inclut tous les types d’actionnariat, y compris familial », commente Sofia Sefrioui. A l’inverse, les auteurs, qui ont testé l’impact des profils des dirigeants, estiment que l’expérience internationale est le seul critère significatif en la matière. Cette expérience est valorisée et pousse les montants à la hausse. Le secteur financier est en un exemple, tandis que l’immobilier, où les profils internationaux sont moins nombreux, montre l’impact à la baisse.
En ce qui concerne le découpage des rémunérations, les cabinets notent que les fixes médians au sein du CAC 40 et du SBF 80 sont respectivement de 1,1 million et 725.000 euros. Lorsqu'il y a augmentation de la fiche de paie, les raisons principalement évoquées pour justifier ces hausses sont les résultats d’un benchmark ou l’évolution de la responsabilité du dirigeant. La performance est, elle, rarement évoquée. Elle l'est en revanche plus, et en toute logique, sur la partie variable. Le montant du variable annuel médian dû au titre de 2016 et exprimé en pourcentage du fixe, s’élève à 115% pour les patrons (premiers dirigeants) du CAC 40 et à 85% pour ceux du SBF 80. Enfin, pour ce qui est des incitations long terme, près de 80% des entreprises du CAC 40 (70% du SBF 120) en ont attribué en 2016 à leurs dirigeants. Ces dotations reposent principalement sur des attributions gratuites d’actions, viennent ensuite les stock-options et les variables pluriannuels.
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