Essilor : un management committee resserré
Essilor, qui a annoncé en janvier son mariage avec l'italien Luxottica, a également fait évoluer ses hautes instances un peu plus tôt. L’entreprise d’optique est passée d’un comité exécutif à un management committee. Il s'agit pour le groupe d'avoir une organisation adaptée aux exigences opérationnelles liées à sa taille et à ses enjeux de croissance, dans différents domaines d'activité ainsi que dans de nombreuses géographies. L’équipe a donc été nettement resserrée puisque de 25 membres, elle n’en compte plus que 10 aujourd'hui. Auparavant, siégeaient les principaux responsables fonctionnels et opérationnels du groupe qui avaient soit une responsabilité mondiale, telle l’Ingénierie Monde, soit une responsabilité liée aux grands marchés (Europe, Amérique du Nord, Amérique latine, Asie/Pacifique et Afrique). Dorénavant, on retrouve, évidemment, toujours le PDG, mais aussi ses DG et les grandes fonctions support, telles que les finances ou les ressources humaines. Un nouveau membre a fait son entrée depuis 2015 tandis que Bernhard Nuesser, président Europe et division instruments, incarne la nouvelle fonction très stratégique de directeur online.
Ce cinquantenaire d’origine suisse est un spécialiste du retail. Il a notamment été directeur risk management au sein d’UBS Investment bank, avant de rejoindre GrandVision (qui regroupe actuellement GrandOptical, Générale d'Optique et Solaris), au titre de CEO international. En 2003, il prend les rênes de Vision Express, dorénavant détenu par GrandVision, puis passe président Europe de Bata, entreprise centrée sur la chaussure. En 2010, Bernhard Nuesser devient actionnaire minoritaire du lunetier Mondottica, sorte de petit Luxottica, dont il prend la direction à l’international, avant de rejoindre Essilor en 2014.
Autour du grand patron, Hubert Sagnières, arrivé en 1989 au sein de l’entreprise en qualité de directeur du marketing international : un directeur adjoint et deux directeurs délégués. Ces DGA ne sont autres que Jean Carrier-Guillomet et Paul du Saillant. Le premier est passé par les bancs de Centrale Paris et de l’Essec. Chez Essilor, il a exercé des fonctions en France et en Suisse, mais aussi aux Etats-Unis puisqu’il a été président d’Essilor Amérique dès 2007. Paul du Saillant est également centralien. Il a été directeur de l'activité gaz industriels pour la France et directeur du marketing et de la recherche au sein d’Air Liquide, puis directeur général du groupe Lhoist avant de rejoindre Essilor en stratégie.
DGA depuis 2010, Laurent Vacherot a, lui, été promu DG délégué en décembre dernier, date à laquelle le management committee a été mis en place. L'homme a pris la responsabilité opérationnelle de la société et son nom sera proposé à la prochaine assemblée générale en tant qu'administrateur. Tandis que les fonctions finances, ressources humaines, mission et communication ainsi que stratégie sont, elles, placées sous l'autorité directe du PDG. Diplômé de l'École Nationale Supérieure des Télécommunications de Paris, Laurent Vacherot a travaillé une dizaine d'années chez Andersen à Paris avant de rejoindre Essilor en 1991, où il a notamment pris la tête de la direction financière jusqu’en 2010.
Et depuis 2011, c’est Géraldine Picaud, qui est CFO d’Essilor. Egalement passée par Arthur Andersen, cette diplômé de l’École supérieure du commerce (ESC) de Reims s’est occupée des finances du groupe de chimie français Safic-Alcan, avant de rallier la direction financière du courtier en matières premières agricoles ED&F Man Holdings à Londres. Un an plus tard, Géraldine Picaud part pour la Suisse et prend la casquette de directrice financière de Volcafé Holdings, négociant de café vert traditionnel prestigieux.
D’autres postes incontournables, notamment en période de fusion, se retrouvent au sein du comité. D’abord celui de chief mission officier occupé par Jayanth Bhuvaraghan (INSEAD, Anna et Delhi University) et celui de directeur de la stratégie, Jeremy Teo (INSEAD, Harvard), arrivé l'an dernier. Enfin, le monsieur ressources humaines, Frédéric Mathieu (INSEAD, Mines Paris), est également présent ainsi que le directeur solaire, readers et Chine, Éric Thoreux (HEC).
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