Euronext : Stéphane Boujnah adoubé aujourd'hui par l'assemblée générale
C’est ce matin que s'est tenue l’assemblée générale extraordinaire de l’opérateur boursier paneuropéen Euronext pour entériner l’arrivée de Stéphane Boujnah à la tête de l’entreprise. Elu à l’unanimité par le conseil de surveillance du groupe en septembre dernier, il devait encore passer par les fourches caudines des actionnaires d’Euronext avant de pouvoir officiellement arriver aux commandes de la place Boursière. Une épreuve relativement formelle, les porteurs de parts de l’entreprise, dont le bloc de 33,3% d’actionnaires institutionnels des différents pays membres d’Euronext (à savoir la France, la Belgique, les Pays-bas et le Portugal) devant logiquement approuver cette décision. Reste juste à obtenir le quitus du régulateur et du ministère des Finances des Pays-Bas où est situé le siège social d’Euronext.
C’est donc le 16 novembre que Stéphane Boujnah va arriver concrètement à la tête de l’entreprise qui vient de déménager à La Défense et doit prochainement présenter un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoyant la suppression d’une soixantaine de personnes. Il va devoir s’atteler au développement d’un groupe au passé plutôt mouvementé, lui qui a failli se marier plusieurs fois avec différents opérateurs boursiers, dont Deutsche Börse avant de convoler avec l’américain Nyse qui lui a récemment rendu son indépendance non sans lui avoir confisqué le Liffe, hautement lucratif. L’ancien banquier d’affaires de Santander France va donc devoir faire grossir l’entreprise sur le marché des produits dérivés et consolider le groupe de manière à pouvoir tenir tête à la place londonienne. Laquelle a, certes, pris une très large longueur d’avance sur ses concurrents européens. Pour ce faire, il va devoir nouer de nouveaux partenariats et surtout pouvoir compter sur la bienveillance de l’Etat pour trouver le moyen de redonner envie aux Français d’investir en Bourse. Ce qui n’est pas vraiment le cas actuellement. Surtout, il faudra tenter par tous les moyens de contrecarrer la mise en place de la TTF telle qu’envisagée actuellement et de nature à créer une distorsion de concurrence sérieusement préjudiciable aux investissements boursiers en France. Michel Sapin en a sûrement bien conscience et a d'ailleurs d'ores et déjà convenu d'un entretien avec Stéphane Boujnah, demain, 28 octobre.
Le challenge est de taille et devra être l’objet d’un énorme travail dont Stéphane Boujnah a sûrement pris la mesure en acceptant de prendre ces responsabilités. Il n’a, certes, pas le droit à l’erreur car les autres places financières rodent et seraient susceptibles de mettre la main sur une entreprise affaiblie en cas d’échec.
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