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MiFID II : les sociétés de gestion vont réduire le volume de notes achetées

Selon une enquête menée par le CFA Institute sur les conséquences de MiFID II, la majorité des sociétés de gestion s'attend à supporter le coût de la recherche et craint que la nouvelle réglementation ne soit préjudiciable aux plus petites structures. 
Gestion d'actifs
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Il reste désormais un peu moins d'un mois aux professionnels de la gestion pour se mettre aux normes MiFID II, dont l'entrée en vigueur est prévue le 3 janvier prochain. Alors que les sociétés s'activent pour respecter cette nouvelle réglementation, le CFA Institute a publié une enquête menée auprès de ses membres (32% des réponses proviennent du Royaume-Uni et 39% de Suisse), sur les conséquences de la directive sur la recherche financière.

Rappelons que MiFID II va notamment obliger les courtiers à fixer un prix pour leur recherche et à le dissocier de leurs services d'exécution des ordres en la facturant séparément, et que les sociétés de gestion devront donc pour leur part arbitrer entre absorber le coût de cette recherche ou la faire payer à leurs clients. Or, selon les résultats de l'étude menée auprès des principaux responsables des sociétés de gestion européennes, la plupart d'entre eux (53%) s'attend à ce que leur société en supporte le coût, tandis que 15% seulement prévoient de l'imputer à leurs clients et 12% tablent sur une répartition mixte.

Un résultat assez tranché donc, et qui, selon le CFA, résulte notamment du fait  que les gros mastodontes de la gestion ont indiqué qu'ils absorberaient les frais de recherche, incitant la plupart des autres à suivre cette politique, afin de ne pas perdre de clients. Preuve que la taille a une influence sur les réponses, la proportion de sociétés de gestion ayant répondu qu'elle prendraient en charge les coûts de recherche augmente en fonction du montant total des actifs sous gestion : 67% de celles gérant plus de 250 milliards d'euros, prévoient de supporter les coûts de recherche, contre 42% pour celles gérant moins d'un milliard. Conséquence de ce décalage, la crainte des gérants que la nouvelle réglementation ne soit préjudiciable aux petites structures et ne restreigne la concurrence.

Mais l'autorité britannique estime aussi que la forte proportion de sociétés ayant décidé de prendre en charge la recherche est aussi la conséquence d'un calcul de leur part : celle-ci ont certainement considéré qu'il était trop compliqué et coûteux d'un point de vue opérationnel de contacter l'ensemble de leurs clients pour leur demander s'ils seraient d'accord pour prendre en charge toute ou partie de la recherche. Enfin, le CFA souligne que les sociétés de gestion pourraient bénéficier d'avantages fiscaux en supportant le coût de la recherche, ce qui pourrait avoir incité certaines à faire ce choix. 

L'enquête a également cherché à donner une estimation du coût annuel escompté de la recherche pour les sociétés : de ce point de vue, l'éventail de réponses est très large, reflétant la diversité des stratégies d'investissement suivies et l'incertitude quant aux tarifs estimés. La valeur médiane du coût attendu de recherche externe correspond à 10 points de base, soit l'équivalent de 1 million d'euros par an pour une société de gestion qui se verrait confier 1 milliard d'actifs. Le coût de la recherche concernant les marchés des valeurs fixed income, des changes et des matières premières s'élève quant à lui à 350 000 euros par an pour un milliard d'euros d'actifs sous gestion, soit 3,5 points de base.

Autre enseignement de cette enquête: le fait que la directive devrait avoir une incidence non négligeable sur les analystes financiers et les fournisseurs de notes économiques : 78% des professionnels interrogés ont ainsi déclaré qu'ils comptaient réduire le volume de notes de recherche achetées aux banques d'investissement, tandis que 44% prévoient d'internaliser davantage l'analyse. 

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