Activisme : CIAM conteste la gouvernance d'Alès Groupe
Le fonds activiste CIAM s’est trouvé un nouveau sujet de mécontentement : la gouvernance au sein du groupe de produits de cosmétiques et capillaires, Alès Groupe. Les dirigeantes de ce fonds, qui s’est déjà illustré dans d’autres combats (Euro Disney, Altice), reproche cette fois au conseil de surveillance de cette PME cotée sur Euronext Growth d’être composé de personnalités familiales soit éloignées pour des raisons de santé soit n’ayant que peu d’intérêt pour l’entreprise au vue de leur activité principale. Et de citer l’exemple du vice-président, fondateur du groupe, à savoir le père de l’actuel président du conseil et sa mère, également au conseil mais ne pouvant pleinement exercer leurs prérogatives compte tenu de leur état de santé. Du côté des sœurs, membres également du conseil, l’une est artiste en céramique avec une galerie à Moustiers, l’autre « se consacre pleinement à la peinture ». Et de remettre également en question la compétence et l’indépendance effective des administrateurs indépendants.
« Je vous annonce par conséquence que je demanderai officiellement la nomination d’un nouveau membre au conseil de surveillance dans la perspective de l’assemblée générale. J’espère que vous comprendrez que cette demande traduit notre volonté d’amorcer un dialogue avec vous et le conseil de surveillance afin de trouver un début de solution au grave problème de gouvernance de la société et de retrouver le chemin de la rentabilité », écrit ainsi la présidente de CIAM à Romain Alès, le patron du conseil.
Car selon elle, en effet, cette mauvaise gouvernance est à l’origine des mauvaises performances annoncées ces derniers mois par l’entreprise (qui vient de publier un chiffre d’affaires 2017 en repli de 3,2% à 231,8 millions d’euros en raison essentiellement de la médiocre activité constatée en France (-9,7%).
Cette demande sera-t-elle couronnée de succès ? CIAM ne possède qu’un peu moins de 2% du capital d’Alès groupe alors que la famille en contrôle 80%. Difficile d’imaginer, dans ce cas, une radicale transformation des instances dirigeantes. Et le cas de cette PME cotée en Bourse n’est d’ailleurs pas isolé. Avec une telle participation, les familles fondatrices font un peu ce qu’elles veulent, et placent bien souvent tous leurs membres familiaux, sans pour autant être dans l’illégalité. Après, reste à savoir si ces habitudes sont mauvaises pour le bon développement commercial et financier de ces entités. Tout dépend de la personnalité de chacun et de la stratégie retenue par les dirigeants. La Bourse requiert de la rigueur, une organisation optimale pour informer les actionnaires et de bonnes pratiques de gouvernance. Après, si certaines entreprises ne respectent pas à la lettre les recommandations (qui ne sont pas des lois contraignantes) de l’Afep-Medef, il y a peu de sanctions envisageables, sauf à vendre ses titres lorsque l’on n’est pas content. Il sera intéressant, ici, de voir quelle sera la réponse effective d’Alès Groupe. Si elle en formule une.
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