Les jeunes préfèrent (encore) travailler chez Goldman Sachs que Google
Le site Emolument, qui recense les données de rémunération anonymes fournies par des professionnels de la finance, a élargi son spectre en demandant à 600 étudiants pour quelle société ils souhaitaient travailler une fois diplômés. Et si le secteur tech tend à concurrencer de plus en plus les institutions financières avec ses hauts salaires et ses avantages, c’est encore Goldman Sachs qui prend la première position, devant Google et Deloitte. « Malgré l’environnement de travail attractif et les avantages en nature offerts par les firmes technologiques, les grandes banques, avec leurs hauts salaires et les carrières bien établies, attirent toujours beaucoup d’étudiants », analyse Emolument.
Après la crise Lehman Brothers, les banques ont cherché à revoir en profondeur leur image et notamment leur réputation d’environnement masculin et misogyne. Cela passe notamment par la réduction des inégalités de salaire entre hommes et femmes. Les efforts ont semble-t-il payé, en tout cas pour certaines d’entre elles : selon les données de rémunération glanées par Emolument auprès de 250 entreprises, Unicredit et Lloyds Bank figurent dans le Top 3 des entreprises qui ont le plus petit écart de salaire entre hommes et femmes. Il est ironique que la plus grosse banque italienne en montants d’actifs gérés, qui a annoncé un plan de restructuration de 12,2 milliards d’euros en fin d’année dernière, et la banque britannique sauvée par l’Etat lors de la crise, se soient toutes deux hissées au sein de ce trio de tête, derrière le cabinet de conseil Accenture.
Néanmoins, aucune banque n’a réussi à figurer dans le Top 10 des établissements les plus équitables, c’est-à-dire celles qui ont la plus importante part d’employés satisfaits par leurs bonus, par rapport à ceux qui étaient incertains ou insatisfaits. Le secteur pétrolier, la santé et les logiciels ont été distingués sur ce plan puisque Royal Dutch Shell, Novartis et SAP se sont hissés aux trois meilleures places du classement.
La compétitivité du secteur financier devrait néanmoins encore pâtir d’un millésime difficile du côté des variables : selon le cabinet de recrutement Options Group, les bonus des banquiers M&A devraient chuter en moyenne de 10% sur un an, ceux des marchés de la dette devraient rester stables tandis que les bonus des marchés equity, qui ont été le plus impactés par les surprises macros de l’année 2016, pourraient reculer de 15%.
Le cabinet Johnson Associates anticipe de son côté que les bonus des services financiers seront globalement en baisse de 10%, avec des variations en fonction de la classe d’actifs : ceux du private equity resteront inchangés, la gestion d’actifs reculera de 5 à 10% comme l’an passé et les hedge funds recevront des variables en baisse de 10 à 15% sur un an. « Les banques mangent leur pain noir depuis la crise financière, tandis que les firmes de gestion d'actifs vont très bien mais font maintenant face à la pression sur les fees. Les bonus seront en baisse en général, ce qui est surprenant étant donné le rallye boursier et la réaction à l’élection de Trump, mais la pression sur les commissions et la concurrence ont pesé sur les rémunérations », estime Alan Johnson, CEO de Johnson Associates.
Ce dernier est néanmoins optimiste pour les variables de l’an prochain. « En 2017, les bonus des banques devraient rebondir, avec l’annulation des régulations les plus onéreuses, les banques devraient être plus rentables, ce qui profitera à tout le monde. Le meilleur indicateur est que leurs titres sont en hausse depuis l’élection, ce qui montre que les marchés pensent que cela est un changement positif pour elles », selon Alan Johnson. « En revanche, je pense que la gestion d’actifs sera en baisse à nouveau en raison de la pression sur les fees et de la concurrence de marché de la part des trackers et ETF ». Les hedge funds sont également attendus au tournant : « La plupart des hedge funds ont des employés très talentueux, mais pour justifier des hausses de salaires ils vont devoir faire mieux pour leurs clients, qui ont été mécontents ces derniers temps », prévient-il.
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