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Fabrice Rémon fustige la gouvernance d'Icade

Le patron de Gouvernance en Action reproche à l'actionnaire de référence de la foncière d'en prendre un peu trop à son aise au sein de son conseil d'administration et d'envoyer une image "déplorable" des pratiques françaises en matière de gouvernance.
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Le Crédit Agricole est très certainement derrière cette initiative de Gouvernance en Action, l’équivalent de l’Adam de Colette Neuville. Et cette origine est d’autant plus certaine que si Colette Neuville n’a pas été mandatée ici c’est parce qu’elle poursuit le Crédit Agricole dans le cadre de son opération « Eureka ».

Fabrice Rémon, le patron de Gouvernance en Action a donc pris sa plume pour rédiger une lettre incendiaire contre la gouvernance d’Icade. Adressée à André Martinez, le président non exécutif de la foncière, il reproche à son actionnaire de référence, la CDC, d’en prendre un peu trop à son aise au sein du conseil d’administration. Rappelons qu’en l’état actuel, la Caisse des Dépôts propose un conseil composé de huit de ses représentants, un du Crédit Agricole et quatre indépendants (dont André Martinez…). Conférant ainsi 69,23% des voix (neuf membres, en fait sur 13) à l’institution de la rue de Lille, « soit un déni de gouvernance, lorsque l’on sait que la CDC n’a que 39,11 % du capital », écrit Fabrice Rémon.

« Alors que la société n’est plus contrôlée depuis la fin du pacte avec Groupama, la part des administrateurs indépendants est loin d’atteindre les 50% que l’on est en droit d’espérer », ajoute-t-il précisant que cette attitude « irrespectueuse et dédaigneuse à l’égard des actionnaires minoritaires » a été dénoncée par trois importantes sociétés de conseil en votes (ISS, Glass Lewis et Proxinvest), lesquelles ont toutes recommandé de voter contre les quatre administrateurs représentants proposés par la CDC lors de la prochaine AG.

« Certes, avec 39,11% des voix, la CDC se sent intouchable en assemblée générale, mais quelle image déplorable de nos pratiques cela renvoie au monde extérieur », écrit-il également. De fait, avec près de 40% des actions, la Caisse est sûre de faire passer ce qu’elle veut lors de la réunion des actionnaires. Sauf si le Crédit Agricole réussit à mettre de son côté environ 20% supplémentaires du capital de la foncière, la banque verte pointant actuellement à 18,5%. Ce qui est loin d’être évident.

Lors de sa conférence de presse de la semaine dernière, Eric Lombard a précisé que des discussions avaient lieu entre les deux parties. Elles doivent être serrées si l’on en juge par la lettre publiée ce matin par le dirigeant de Gouvernance en Action. Cette affaire rebat, en tout cas, certaines cartes. Est-il normal que l’on puisse qualifier d’administrateur indépendant le président du conseil d’administration, en l’occurrence ici André Martinez ? Pratique qui vient confirmer ce que pense Colette Neuville sur certaines dérives de gouvernance. Et plus précisément que si les investisseurs activistes pointent autant leur nez en France c’est parce que les administrateurs indépendants ne font pas leur travail.


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