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Afep-Medef : faites ce que je dis, pas ce que je fais ?

Deux nouveaux membres ont intégré le Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise. L’instance, qui veille notamment à la parité au sein des entreprises, est composée de 7 membres et d'un secrétaire général. Parmi eux : une seule femme.
Siège du Medef
Siège du Medef

La semaine dernière, le Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise (HCGE) a annoncé la nomination de deux nouveaux membres. Jean-Luc Bélingard, ancien PDG de bioMérieux prend la suite de Denis Ranque, dont le mandat est arrivé à échéance. Tandis que Vincent Strauss, président du conseil de surveillance de Comgest, remplace Paul-Henri de la Porte du Theil, pour les mêmes raisons. Ces deux arrivées ont été actées par Laurent Burelle, président de l’Afep, et Pierre Gattaz, président du Medef. Le HCGE est donc toujours composé de 7 membres et d’un secrétaire général. Parmi eux : une seule femme.

Et c’est là où le bât blesse. Pour mémoire, le Haut Comité est le gardien du respect de l’application du code de gouvernance Afep-Medef et force de proposition de ses évolutions. Il planche ainsi sur des sujets tels que la composition des conseils, leur fonctionnement, sur les administrateurs indépendants, l'évaluation des boards ou encore sur la rémunération des dirigeants. Le code a également un volet mixité. Dès 2010, le texte prévoyait qu’en matière de représentation des hommes et des femmes, chaque conseil atteigne un pourcentage d’au moins 20% de femmes dans un délai de trois ans et d’au moins 40% de femmes dans un délai de six ans.

Depuis, le législateur s’est emparé de cette question et a intégré dans la loi des quotas de parité. Dans son rapport 2017, le HCGE explique donc que la disposition correspondante n’avait plus de raison de figurer dans le code Afep-Medef, et en a donc été retirée. Néanmoins, ce dernier « a souhaité en observer l’application ». Il en ressort qu’à la suite des assemblées de 2017, le plancher de 40% est respecté par 98% des sociétés du SBF 120 et par 100% des sociétés du CAC 40. Le Haut Comité considère néanmoins qu'il reste des marges de progression importantes pour une meilleure représentation des femmes dans les comités, qu'ils soient exécutifs, de direction ou encore d'audit. 

Le HCGE est présidé par Michel Rollier, président du conseil de surveillance de Michelin. Ce dernier est entouré de trois autres dirigeants de groupes de taille internationale (Ross McInnes, président du conseil de Safran, Michel de Rosen, président du conseil de Faurecia et Jean-Luc Bélingard), d’une personnalité représentant les investisseurs (Vincent Strauss, président du conseil de Comgest). On retrouve également deux personnalités choisies pour leur compétence en matière juridique et déontologique, à savoir Nicolas Molfessis, professeur de droit à Assas, et Dominique de la Garanderie, avocate et ancienne bâtonnière du Barreau de Paris. Moyenne d’âge : 65 ans. Le secrétaire général est Jean-Philippe Roulet.

« Mais c’est pas vrai !!! @medef et @Afep_ : vous composez un Conseil chargé de contrôler la bonne gouvernance des entreprises avec 1 seule femme et 7 hommes ! Alors que votre mission est notamment de garantir la parité dans les Conseils !!! », a réagi sur Twitter Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef. S’il n’est évidemment pas toujours simple de trouver des femmes à des postes-clefs, ces dernières existent néanmoins et ceux qui prêchent doivent donner l’exemple.

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