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Orange, Engie : l’Etat se prononce sur les sujets de succession

Ce week-end, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire s’est exprimé sur la présidence d’Engie et sur le poste de Stéphane Richard chez Orange. Bien que l'Etat ne soit pas majoritaire dans ces groupes, ces déclarations, en amont des différentes échéances, permettent de limiter les spéculations.
Stéphane Richard - Orange
Stéphane Richard - Orange

S’il y a deux mandats dont l’échéance arrive cette année, et qui font parler d’eux depuis quelques mois, ce sont bien ceux de Gérard Mestrallet, président d’Engie, et de Stéphane Richard, PDG d’Orange. Si les tenants et aboutissants liés à ces différents postes sont bien différents, il n’empêche que les enjeux, notamment eu égard à la taille des sociétés, sont nombreux. Ce week-end, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, s’est exprimé sur ces deux sujets. En énonçant clairement sa vision des choses, et même s'il n'est pas majoritaire, l’Etat offre de la visibilité sur la gouvernance à venir des deux groupes. Ce qui a pour mérite de limiter une partie des spéculations.

Du côté d’Orange, Bruno Le Maire a estimé que Stéphane Richard avait vocation à rester à la tête de l’opérateur. Toutefois, l’homme fort du groupe devra renoncer à ce troisième mandat s’il est condamné dans l’affaire Tapie. «Stéphane Richard a fait du bon travail à la tête d'Orange. Donc il a vocation à être reconduit à la tête d'Orange », a déclaré le locataire de Bercy au micro de Radio Classique. « Ensuite, il est sous le coup d'une procédure judiciaire (...) Si jamais dans le cours de cette procédure judiciaire il devait y avoir une condamnation, il remettrait immédiatement son mandat et démissionnerait », a-t-il ajouté.

Au Journal du dimanche, Bruno Le Maire a précisé qu'une réunion du comité de nomination d'Orange était prévue à ce sujet d'ici à la fin de la semaine, avant celle du conseil d'administration, qui comprend 15 membres, dont trois représentants de l'Etat actionnaire. La déclaration de Bruno Le Maire permet de faire la lumière sur la position de l’Etat sur ce dossier délicat. Si la messe n’est pas encore dite, l’avis de l’Etat n’était pas donné : l’ancien ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, ayant eu des divergences de vues avec Stéphane Richard, au moment où ce dernier militait pour le rachat de Bouygues Telecom, rappelle Le Monde.

Pour ce qui est d’Engie, Bruno Le Maire a clarifié la position de l’Etat, qui détient 24,1% au capital du groupe et compte cinq membres sur 19 au conseil d'administration, sur la présidence à venir. Pour mémoire, Isabelle Kocher a été nommée directrice générale d’Engie en 2016, date à laquelle Gérard Mestrallet - PDG jusque-là -, n’a conservé que la présidence. L’idée étant de mettre en place une transition avant que le dirigeant, aujourd’hui âgé de 68 ans, ne lâche les rênes. Or, Isabelle Kocher se serait bien vue récupérer le deuxième poste.

Il n’en sera visiblement pas ainsi. « Il se trouve que le conseil d'administration d'Engie a décidé de dissocier les fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général. Respectons les choix de la gouvernance », a fait valoir Bruno Le Maire. « Il n'est pas question de chaperon, Isabelle Kocher fait un très bon travail à la tête d'Engie, simplement il y a des décisions de gouvernance », a également commenté le ministre. Si l’évocation du « chaperon » est si importante, c’est que les relations entre Gérard Mestrallet et sa dauphine n’ont pas toujours été au beau fixe.

« Si un président nous rejoint et que, parce qu'il est complémentaire, parce qu'il est convaincu du projet, il nous aide à l'accélérer, je suis ravie », a affirmé, de son côté, dimanche la DG sur CNEWS. Plusieurs noms ont été évoqués ces dernières semaines, comme celui de Patricia Barbizet, de Clara Gaymard ou de Ségolène Royal (selon la Lettre de l'Expansion pour cette dernière) pour le poste de président. A noter que c'est Françoise Malrieu, une proche d'Isabelle Kocher, qui est à la tête du comité des nominations. Le Monde précise que la décision devrait être prise par Emmanuel Macron, et que l’orientation donnée par l’exécutif devrait être suivie sans difficulté par les membres du board.

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