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Patrick Artus s’intéresse à l’évolution de la gouvernance des entreprises

Le directeur de la recherche et des études de Natixis a publié une note sur le sujet. Il y met en avant les moyens d’aligner davantage les intérêts des entreprises et des parties prenantes, autres que les dirigeants et les actionnaires.
Natixis
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Patrick Artus, s’est penché sur l’évolution de la gouvernance des entreprises. Dans une étude parue la semaine dernière, le directeur de la recherche et des études de Natixis constate que dans la logique de fonctionnement du «capitalisme financier actionnarial », la réflexion porte essentiellement sur l’alignement des intérêts entre les dirigeants des sociétés et les actionnaires. Afin que les décisions prises par les hommes forts le soient dans les intérêts des investisseurs, il est, par exemple, proposé des détentions importantes d’actions pour les dirigeants.

« Mais le ‘capitalisme européen du futur’ peut consister aussi à aligner davantage les intérêts des dirigeants des entreprises et des autres parties-prenantes (stakeholders) », écrit l’économiste. Patrick Artus rappelle que, pour ce faire, certains envisagent d’organiser cette nouvelle gouvernance en introduisant des représentants de ces parties-prenantes dans les conseils d’administration. « Le risque est de compliquer les processus de décision, et de ne pas pouvoir utiliser cette solution dans les entreprises familiales », commente l’auteur.

L’autre solution consiste, toujours selon Patrick Artus, à aligner les intérêts via des incitations. « En ce qui concerne les salariés, il s’agit d’empêcher les licenciements injustifiés, de faire participer les salariés à la prospérité des entreprises et pas seulement de leur faire porter une part croissante des risques d’entreprise. » C’est pourquoi, l’économiste propose que les rémunérations, sous leurs différentes formes, progressent quand la profitabilité progresse. Il ajoute qu’un bonus-malus sur les cotisations sociales lié au comportement des entreprises en matière d’emploi (comme aux Etats-Unis) aligne les intérêts des dirigeants et des salariés, sur le sujet de l’évolution de l’emploi.

Pour ce qui est des clients et des consommateurs, Patrick Artus considère que la concurrence sur les marchés des biens et des services est le meilleur moyen d’assurer la cohérence des intérêts avec les dirigeants. « La concurrence évite l’apparition de rentes de monopole défavorables aux consommateurs », souligne-t-il. Dans le cas des sous-traitants et des fournisseurs, l’auteur fait valoir qu’il faut inciter les dirigeants à favoriser leur bonne santé économique et financière. « Ceci peut se faire par des pénalisations en d’abus », indique Patrick Artus. Lequel cite, par exemple, les pénalisations de délais de paiements abusifs.

Autre partie prenante : les collectivités locales où travaillent les entreprises. « On peut penser d’une part à l’organisation en commun de la formation professionnelle, d’autre part à la conditionnalité (liée au maintien de l’activité) des aides publiques », développe l’économiste. Enfin, pour les porteurs de dette et les créanciers, « la discipline des marchés financiers (…) devrait pénaliser l’excès d’endettement (...). La littérature de finance (suggère, ndlr) le remplacement des représentants des actionnaires par les représentants des prêteurs pour diriger l’entreprise en cas de difficultés », termine Patrick Artus.

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