Tom Enders dans la tourmente
L'affaire de la vente des Eurofighters à l'Autriche en 2003 se poursuit pour Airbus, et continue de mettre son patron dans l'embarras. Vendredi, Mediapart et le site du quotidien allemand Der Spiegel ont publié une enquête laissant entendre que Tom Enders serait impliqué dans la vente de 18 avions de combat Eurofighters à Vienne, et dont la justice autrichienne est saisie pour corruption.
Anticipant ces révélations, le patron allemand du groupe européen a envoyé un courrier interne à l'ensemble de ses salariés vendredi matin, les appelant à ne pas alimenter les rumeurs et à soutenir leur conseil d'administration et leur direction. "Nous faisons actuellement l'objet d'enquêtes pour présomption de violation des loi anticorruption", prévient le patron, qui ajoute que la situation résulte de la propre décision de la direction, prise il y a un an, de "déclarer aux autorités et agences gouvernementales des inexactitudes que nous avions nous-mêmes découvertes". Et Tom Enders de défendre cette décision, "la seule ligne de conduite conforme à nos valeurs, à nos standards d'éthiques, à nos règles de conformité et à notre responsabilité légale". Le conseil d'administration l'a à l'époque appuyé dans cette démarche, se justifie Tom Enders, et a de nouveau réaffirmé la semaine dernière "son entière confiance dans le CEO et le General Counsel, John Harrison", affirme le patron, qui appelle donc tous les employés à "croire en son action".
Airbus a tout de même tenu à réagir après la parution de l'article du Spiegel, s'élevant contre les "allégations répétées" de corruption à son égard, alors que le quotidien a affirmé que le parquet allemand préparait lui aussi des "mises en accusations". Des allégations "fausses", selon le groupe européen, et qui "nuisent sérieusement à la réputation de l'entreprise".
Ces révélations sont d'autant plus embarrassantes pour Tom Enders que parallèlement aux poursuite menées à Vienne et en Allemagne donc, deux autres enquêtes sont conduites depuis deux ans par le Serious Fraud Office britannique et le Parquet national financier français, toujours pour violation présumée des lois anticorruption, mais cette fois-ci pour l'obtention de commandes de satellites et avions commerciaux.
Face à cet afflux de mauvaises nouvelles, Tom Enders a donc appelé ses employés à "rester unis" et à "travailler en équipe, afin de sortir renforcés de cette crise, avec un Airbus meilleur et plus compétitif". Il faut dire que l'issue de cette affaire est effectivement capitale pour l'avenir économique du groupe, alors que la compétition contre Boeing est de plus en plus dure : si l'image d'Airbus était effectivement trop affectée, il est quasiment certain que le concurrent américain emporterait la partie.
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