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L’ex-numéro 2 de Goldman Sachs bientôt à la tête de la Fed?

 Les rumeurs enflent sur la possible nomination de Gary Cohn, conseiller économique de Donald Trump et ex-président de Goldman Sachs, pour remplacer Janet Yellen à la tête de la Fed début 2018. Pour certains, cela voudrait dire qu’il a perdu foi en l’administration.
Gary Cohn
Gary Cohn

 Goldman Sachs a publié hier un profit plus élevé qu’attendu au deuxième trimestre, mais qui a tout de même fait ressortir une activité mitigée, avec son plus mauvais résultat trimestriel sur son activité de trading sur matières premières. La banque souffre-t-elle de l’absence de son ex-numéro deux, Gary Cohn, parti rejoindre la nouvelle administration en fin d’année dernière ? L’actuel patron du Conseil économique national, plus proche conseiller économique de Donald Trump, bénéficie certes d’une oreille attentive de la part du Président et d’une influence immense sur la politique économique du pays.

Pourtant, celui qui est responsable du process de sélection pour le prochain président de la Fed pourrait être lui-même tenté par le poste. Un nouvel article de Politico sorti la semaine dernière, citant quatre sources à la Maison Blanche, au Trésor et au Capitole, a relancé ces rumeurs. Car si le Président a mesuré ses propos sur Janet Yellen depuis son élection, il fait peu de doutes que cette dernière ne sera pas reconduite pour un second mandat. Elle oppose un refus obstiné à l’idée d’une règle de calcul pour fixer les taux d’intérêt, et a pour cela été passée sur le grill lors de sa dernière audition devant le Congrès, la semaine dernière.

Pour la remplacer, le profil d’un ex-banquier et non d’un économiste fait jaser, surtout quand ce dernier vient de chez Goldman Sachs. La banque américaine est réputée être infiltrée à tous les niveaux du pouvoir, et la nomination de son ex-président, devenu conseiller économique du Président, à la tête de la Réserve Fédérale serait une preuve de plus de son pouvoir de lobbying. Pourtant, Gary Cohn est apprécié au sein de l’institution et compte des soutiens : « Il ferait ce qui est le mieux pour le pays », a assuré Richard Fisher, ancien membre de la Fed. Il s’est en outre largement impliqué dans la réforme du Dodd-Frank Act et de la régulation financière, qui est chapeautée par la Fed.

Pourtant, certains considèrent que cette nomination serait une mauvaise nouvelle pour le cabinet Trump. Certes, il pourrait bénéficier d’une relation de confiance avec l’un de ses anciens plus proches lieutenants, mais perdrait un lien précieux avec la banque la plus prestigieuse de Wall Street. « S’il va à la Fed, c’est une porte de sortie pour lui et cela veut dire que Goldman Sachs a perdu tout espoir en l’administration Trump », a indiqué Chris Whalen, ancien conseiller d’Alan Greenspan lorsqu’il était patron de la Fed.

Si Randal Quarles a été nommé responsable de la supervision financière à la Fed la semaine dernière, il manque encore deux postes clés au sein de l’institution, sans compter le prochain remplacement de Janet Yellen d’ici l’année prochaine. Une chose est sure : l’échec du Président dans sa tentative de réformer l’Obamacare n’est pas une bonne publicité pour ses proches qui, comme Gary Cohn, pourraient être tentés ailleurs.


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