Première année de Trump, une valse record de départs
En cette fin d’année, l’heure est au bilan, aux comptes et aux statistiques. Et à ce petit jeu, l’administration Trump signe un nouveau record peu glorieux : selon Kathryn Dunn-Tenpas, une chercheuse de la Brookings Institution citée par le Wall Street Journal, cette administration a connu un taux de rotation de 34%. Ce qui signifie que 21 responsables seniors sur les 61 que compte l’équipe de la Maison Blanche ont soit démissionné, été remerciés ou été réorientés à un nouveau poste. Ce niveau de turnover est le plus élevé en 40 ans et plus de trois fois plus important que celui enregistré par Barack Obama (9%) et Bill Clinton (11%) sur la même période. Plus édifiant encore, le deuxième record est tenu par l’administration Reagan, qui n’avait remplacé que 17% de ses effectifs au bout de 12 mois.
Surtout, ce sont les membres de l’équipe présidentielle les plus visibles qui ont dû quitter leur poste. Le conseiller national à la sécurité, Michael Flynn, a dû se retirer après seulement 25 jours en place, et est aujourd’hui sous le feu des projecteurs pour avoir menti au FBI concernant ses contacts avec les autorités russes pendant la campagne. Le prestigieux chef de cabinet de la Maison Blanche, Reince Priebus, a été évincé pendant l’été, tout comme son conseiller spécial Steve Bannon, l’éminence grise de Donald Trump et patron décrié du média très conservateur, Breitbart News.
Mais l’épisode le plus cocasse est sans aucun doute celui concernant son fugace troisième directeur de la communication, Anthony Scaramucci. Après le départ de Sean Spicer, ce sulfureux ancien banquier chez Goldman Sachs a été nommé mais a dû démissionner au bout d’une semaine seulement, après avoir donné une interview au langage très fleuri auprès du New Yorker. Deux mois plus tard, il a lancé son propre média, le Scaramucci Post, qui n’a pas encore vu le jour.
Le plus ennuyeux selon Kathryn Dunn-Tenpas, est que « la séniorité des personnes sur le départ est extraordinairement élevée. Cela est sans précédent (…) Dans ce cas, il s’agit d’un Président avec aucune expérience dans le gouvernement et des gens autour de lui qui n’avaient pas non plus d’expérience », a-t-elle déclaré au Wall Street Journal. Cette valse de chaises musicales a aussi créé des vacances dans des postes stratégiques : ainsi, l’arrivée de John Kelly comme chef de cabinet de la Maison Blanche a créé un vide à la tête du Département de la Sécurité Nationale.
Enfin, ces grands mouvements ne devraient pas faiblir. Selon les statistiques de Kathryn Dunn-Tenpas, le taux de turnover bondit lors de la deuxième année d’exercice (27% pour Clinton et Bush Jr, 40% pour Reagan) des précédents Présidents américains. Ce qui devrait poser un problème de renouvellement pour Donald Trump, qui ne compte que sur une poignée de loyaux soutiens pour remplir son administration.
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