Gouvernance : la Grande-Bretagne révise son code
Le patron de Samsung a été incarcéré dans la nuit de jeudi à vendredi dans le cadre d’une enquête pour trafic d’influence. L’affaire touche également la présidence sud-coréenne. Comme à chaque scandale, la question de la probité des dirigeants se retrouve sur le devant de la scène. Si certains n’hésitent pas à contourner la loi, les règles montrent aussi parfois toute leur utilité. C’est ainsi que certains pays continuent à réfléchir à leurs différents cadres. La Grande-Bretagne en fait partie. Hier, le Conseil d’information financière (Financial reporting council, FRC) a fait des déclarations dans ce sens. L’organisme va mener un « examen en profondeur » du code de gouvernance britannique. L’actuel texte -qui définit les bonnes pratiques en matière de pilotage des entreprises, de rémunération et de relations avec les actionnaires- ayant déjà 25 ans.
Le conseil part du constat que la confiance est de moins en moins au rendez-vous. Par exemple, l’étude annuelle, Trust Barometer, met en avant une baisse de cette dernière vis-à-vis du pays (à 29%). Certaines affaires comme BHS, qui a fait faillite et dont l’ancien patron a été qualifié de représentant du « visage inacceptable du capitalisme », et Sports Direct, en raison de sa politique salariale, n’ont d’ailleurs pas manqué de contribuer à cette détérioration. La revue va être menée par l’ancien président de Lloyds Banking Group et actuel dirigeant du FRC, Sir Win Bischoff, à compter de cet été. L’organisme attend de voir quelles propositions le gouvernement britannique compte pousser sur les rémunérations des dirigeants et la gouvernance. Theresa May plaide pour une économie qui « fonctionne pour tout le monde » et son gouvernement a publié l'an dernier un livre vert sur la gouvernance des entreprises.
« Nous espérons créer un environnement qui ne favorise pas seulement les investissements dans l’économie britannique mais qui promeut également la confiance dans les entreprises pour bénéficier à toute la société », a expliqué Sir Win Bischoff dans un discours prononcé devant la Chambre des lords. Et d’ajouter : « Avec l’imminence du Brexit, le besoin de maintenir le flux de capital mondial dans les entreprises britanniques est d’autant plus important. Une bonne gouvernance, mondialement respectée joue un rôle crucial pour attirer ce flux de capital ».
Les propositions présentées seront soumises à consultation. La revue ne devra pas « jeter le bébé avec l’eau du bain », a ajouté le président de la FRC. Les droits des actionnaires ou encore la règle du « comply or explain » (se conformer ou expliquer) continueront à avoir leur place dans le code. L’organisation estime par ailleurs que des principes -presque évidents- de bonnes pratiques doivent être encouragés, comme la mise en avant de la valeur ajoutée d’une bonne culture d’entreprise (avantages compétitifs etc.) ou encore les outils utilisés pour mesurer les comportements.
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