Ecarts de rémunérations en GB: premiers enseignements peu reluisants
Le texte britannique, qui oblige les entreprises publiques comme privées de plus de 250 salariés à publier les écarts de rémunérations entre les hommes et les femmes, va-t-il faire bouger les lignes ? Les sociétés concernées ont jusqu'au 4 avril pour dévoiler leurs données. Pour l'instant, selon les calculs du Guardian (au 14 mars), ce sont plus de 2.000 firmes qui se sont prêtées à l'exercice. Et les chiffres sont souvent peu reluisants. Le fait que les entreprises, qui affichent de véritables fossés entre les deux sexes, soient confrontées à l'opinion publique, va-t-il les pousser à faire mieux à l'avenir ?
En tout cas, il est certain que la marge de progression existe. Ainsi, selon les informations de Reuters, HSBC s'apprête à dévoiler un écart moyen de rémunération de... 59% au sein de ses services bancaires britanniques. Pis : l'établissement devrait faire état d'un fossé de 86% pour les bonus. Des chiffres qui se justifieraient, en grande partie, de la même façon qu'au sein d'autres financières : par le manque de diversité des sexes aux postes seniors (23% chez HSBC et un objectif de 30% pour 2020 sur le territoire britannique). Ladite banque n'est en effet pas la seule à afficher de telles différences. Barclays a ainsi publié un ratio de 48% pour sa division International, qui comprend notamment l'activité de banque d'investissement, et de 26% pour les salaires chez Barclays UK. De son côté, RBS paie en moyenne les femmes 37% de moins que les hommes, et la Loyds 32,8%.
Les institutions publiques sont également en retard en matière de parité. En novembre, la Banque d'Angleterre a fait état d'un écart moyen de salaires entre les Eve et les Adam de 21% et de 23,6% pour les variables. Là encore le manque de femmes à des postes seniors est mis en lumière : elles n'y étaient présentes qu'à hauteur de 30% en 2017. La BoE souligne néanmoins s'être fixée un but, à savoir 35% d'ici 2020. Si cela représente une véritable progression (20% de femmes à des postes seniors en 2014), on est encore loin de la parité. Même son de cloche du côté du régulateurs des services financiers, la FCA, où le fossé salarial entre les hommes et les femmes est de 19,28%. Le gendarme précise que les femmes représentent 36% des membres de ses équipes de direction. Un chiffre en baisse puisqu'il était à 39% en 2016. Sur le sujet, la FCA souhaite atteindre un taux de féminisation de 45% d'ici 2020 et de 50% d'ici 2025.
Et l'herbe n'est pas toujours plus verte dans d'autres secteurs. Ainsi, le constructeur automobile Toyota (GB) a présenté un fossé de 29,7% et un écart médian de 61,7% pour les bonus. Une situation que l'entreprise explique "en majeure partie" par le manque de femmes dans les positions seniors, un turnover peu développé, et le fait que le représentantes du sexe féminin aient moins d'années d'expérience. Le Guardian a aussi fait la lumière sur ses propres pratiques. Résultat : un écart horaire moyen de 11,3%. Le fossé est moins important pour les personnes ayant un métier lié à la partie éditoriale (7,4%) que les autres (17,2%). Si les Français devaient fournir ces statistiques, seraient-elles si différentes ?
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