Féminisation : il existe une "bipolorisation sexuelle des entreprises"
Hier, l’observatoire Skema a publié les résultats de son étude annuelle sur la présence des femmes dans les conseils d’administration et les comités exécutifs. L'auteur s'est intéressé aux chiffres publics de 2016 des sociétés du CAC 40 et du CAC Next 20. Si la féminisation des boards est en fort accroissement -comme le demande la loi Copé-Zimmermann (40% de femmes en 2017)- il n’en est pas de même pour les Comex. Ainsi, le sexe féminin est présent à hauteur de 35,64% dans les CA (8,5% en 2007) et de 11,59% dans les CE (8% en 2007). Pourtant les femmes représentent bien 31,69% des cadres, ce qui prouve qu’un plafond de verre subsiste. « L’étude pointe la nécessité d’une nouvelle initiative législative pour accroître la présence de femmes dans ces irréductibles lieux de pouvoir masculins que sont les comités exécutifs », est-il écrit.
Dans le détail, l’enquête met en évidence quatre catégories d’entreprises. Il y a d’un côté « les championnes de la diversité », qui affichent un pourcentage de femmes dans les deux instances de gouvernance supérieur à la moyenne. C’est le cas d’Engie, de Sodexo, de L’Oréal ou encore de Publicis. Viennent ensuite les « machistes contrariées ». C’est-à-dire les groupes où le pourcentage de membres féminins est supérieur à la moyenne dans le CA mais inférieur à la moyenne, voire nul, dans le CE (Altran, Vivendi, Technip, Eiffage…). La troisième catégorie est qualifiée d’ « irréductibles machistes ». Les pourcentages de représentantes du sexe dit faible sont inférieurs dans les deux instances (LafargeHolcim, Airbus, Carrefour etc.). Enfin, Orange, Dassault Systèmes et Saint-Gobain font partie des « potentielles championnes » de la diversité. Il s'agit de sociétés où le pourcentage de femmes est inférieur à la moyenne dans les conseils d’administration mais supérieur dans les comités exécutifs.
L’étude ne s’est pas arrêtée là. Elle a également croisé la féminisation des Comex avec celle des populations cadres. Il en ressort que certaines sociétés ont un important vivier pour accroître leur nombre de femmes dans les comités exécutifs. Certaines s'en servent, d’autres non. En revanche, quelques groupes ont peu de femmes cadres ce qui limite les possibilités de féminisation du CE tandis que d’autres ont un vivier limité mais l’utilisent au maximum pour introduire de la parité. Ce croisement des données « met en avant une accentuation de la bipolarisation sexuelle des entreprises : les entreprises féminines sont de plus en plus féminines et les entreprises masculines, de plus en plus masculines ».
Enfin, l’auteur a mis en exergue le lien entre la rentabilité et la féminisation. L’Ebitda moyen sur cinq ans des sociétés est positivement corrélé au pourcentage de femmes cadres. L’analyse sectorielle du luxe, de la finance et l’automobile le confirme.
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