Obama et ses speeches (bien) payés pour Wall Street
Hillary Clinton vient de sortir un livre intitulé « Ce qui s’est passé » et dans lequel elle avoue, entre autres, avoir regretté ses interventions rémunérées pour Wall Street, qui l’ont fait apparaître comme acquise à leur cause et ont desservi sa candidature. Mais Barack Obama, l’ex-président américain, ne semble pas se préoccuper du « qu’en dira-t-on » si l’on en juge par les invitations qu’il a acceptées pour de coquettes sommes récemment. Selon Bloomberg, le mois dernier il aurait donné un speech devant les clients de la banque privée Northern Trust à New York, et pour lequel il aurait touché 400 000 dollars. La semaine dernière, il aurait fait des déclarations pour le compte du géant du private equity Carlyle à Washington, et partagé des souvenirs de sa vie à la Maison Blanche. Enfin, il a également prévu d’assister et d’intervenir lors de la conférence santé organisée par la banque d’investissement Cantor Fitzgerald, et qui sera également rémunérée à 400 000 dollars. Une firme qui est également connue pour avoir perdu 600 de ses employés lors des attentats du World Trade Center, même si cette allocution ne semble pas liée à l’anniversaire des attentats.
Ces discours de présidents après leur fin d’exercice ne sont pas rares et Barack Obama, qui a contribué pour 2 millions de dollars pour des programmes d’insertion professionnelle pour les jeunes défavorisés à Chicago, met à bon usage les chèques reçus de ces puissantes organisations. En outre, ce dernier ne pourra se représenter à un troisième mandat, donc il ne prend pas le risque de se voir reprocher ultérieurement cette proximité avec Wall Street. L’homme n’a pourtant pas toujours entretenu de bonnes relations avec les institutions financières : en 2009, il les avait surnommeés les « gros chats » et s’était offusqué des bonus à plusieurs dizaines de millions de dollars, alors que les banquiers étaient selon lui la raison de la crise.
Depuis, l’homme s’est rapproché des banques, et notamment de Goldman Sachs dans la mesure où il a recruté un ancien de la banque pour le conseiller sur ses investissements. Sa relation avec Northern Trust avait aussi suscité des remous, lorsque le sénateur fraîchement élu avait obtenu un taux préférentiel pour l’achat de sa maison de 1,32 millions de dollars à Chicago, en 2005.
Mais cette proximité avec Wall Street ne fait pas les affaires des démocrates et, en particulier, des plus véhéments d’entre eux envers les banques, Bernie Sanders et Elizabeth Warren. Le parti d’opposition critique largement les propos de campagne de Donald Trump qui, après avoir tenu un discours populiste et voulu « assécher le marais », a nommé de nombreux anciens de Goldman Sachs à ses côtés. Mais cet activisme est aussi le moyen pour l’ex-président, qui a déjà appuyé la candidature de Tom Perez pour diriger le parti démocrate, de rester dans le jeu et d’être une voix qui compte toujours dans son pays.
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