L’égalité des salaires, nouvelle cause des activistes
Si les causes des activistes étaient historiquement liées à l’optimisation de la performance financière et la hausse du cours de Bourse, les critères ESG sont de plus en plus pris en compte. Et de ce point de vue, l’activiste Arjuna Capital vient d’obtenir une belle victoire chez Citigroup sur le terrain de l’égalité des rémunérations. Face à la pression, l’institution de Wall Street a publié une partie de la liste des émoluments dans trois pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne et Allemagne). Certes, l’information n’est que partielle et n’est pas pondérée en fonction du poste, du niveau hiérarchique et de la zone géographique, mais cette démarche mérite d’être soulignée.
La banque relève un écart de 1% entre hommes et femmes dans ces trois pays, et que les minorités ethniques gagnent également 99% de leurs pairs blancs. En revanche, Citigroup ne s’est pas encore conformée aux exigences du gouvernement britannique, qui depuis cette année oblige toutes les entreprises à publier leurs écarts de rémunération d’ici au mois d’avril prochain, sans distinction de poste et niveau hiérarchique, sous peine de sanctions. Les 17 firmes financières qui se sont prêtées à l’exercice ont révélé un écart de 24% dans l’industrie outre-Manche. Mais les spécialistes restent circonspects sur la capacité des autorités britanniques à mettre en œuvre ces pénalités au plan juridique.
Pour Arjuna Capital, qui s’est fait connaître pour ses nombreuses campagnes sur le sujet, il s’agit pourtant d’une belle percée auprès des institutions financières. « Citigroup prend un rôle de leadership sur l’écart de rémunération entre sexes que nous n’avons pas encore vu chez ses pairs financiers américains », a déclaré Natasha Lamb, managing partner chez Arjuna Capital et en première ligne lors de ces campagnes, parlant d’un véritable « moment critique » pour l’industrie. L’activiste a déjà obtenu des efforts de transparence de la part de grandes firmes du retail comme Starbucks, Costco ou Gap, mais aussi des géants technologiques comme Apple, Amazon ou encore Microsoft. Néanmoins, elle n’avait pas encore obtenu gain de cause auprès des six grandes institutions de Wall Street qu’elle a publiquement mises en cause.
Pour certains, cette concession n’est que partielle et ne met pas au jour le déficit de représentation des femmes au niveau senior. Selon une recherche du Financial Times l’an passé, si elles représentaient 51% de la force de travail totale, elles n’étaient plus que 43% au niveau senior. Une problématique qui pourrait aussi impliquer la capacité des banques et autres corporates à promouvoir les femmes au long de leur carrière.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

