Private Equity / Private equity
Private Equity
Private equity
Aéroport de Toulouse : l'Etat revoit sa position sur la privatisation
La manne publique réussira-t-elle à protéger ses fleurons de possibles assauts étrangers ? Plusieurs économistes reconnaissent volontiers aujourd’hui que certains d’entre eux font assurément saliver d’autres mastodontes internationaux aux poches profondes, et qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour qu’ils dégainent.
D’où les déclarations à répétition des membres du gouvernement français, expliquant à qui veut l’entendre qu’ils allaient tout entreprendre pour muscler les parades. Avec, au menu, un élargissement du profil des entreprises susceptibles de faire l’objet d’un veto public et de nouvelles sanctions en cas de non respect des promesses faites lors de la signature des deals.
Ce qui est en train de se passer avec l’aéroport de Toulouse en est déjà une première illustration : selon les informations de BFM Business, l’Etat ne serait plus vendeur de sa part résiduelle de 10,1% dans l’infrastructure après avoir vendu 49,9% à un groupe chinois (Casil) en 2015 pour la modique somme de 308 millions d’euros. Il était effectivement prévu, à l’origine, que la France vende cette part cette année, entérinant de la sorte la privatisation de l’aéroport. Oui, mais voilà. Depuis trois ans, les relations entre le Chinois et les collectivités territoriales sont très mauvaises. Mike Poon, le patron de Casil a même, un temps, disparu des radars, celui-ci ayant manifestement été entendu dans le cadre d’investigations chinoises sur des faits de fraude.
Les élus locaux (qui possèdent via différentes structures) 40% des parts de l’aéroport reprochent surtout à Casil d’avoir organisé le siphonnage de leur nouvelle participation en programmant de généreuses distributions de dividendes. Et d’insister dorénavant pour que l’Etat leur vende cette part résiduelle de 10% qui leur conférerait le contrôle de la concession. D’autres comme Vinci et Eiffage sont, en parallèle, à l’affût pour récupérer les parts de Mike Poon au cas où ce dernier souhaiterait vendre. Tout dépendra, bien évidemment, de la nouvelle répartition des pouvoirs. Il est certain, en tout cas, que les 308 millions d’euros proposés par le Chinois rémunéraient une participation majoritaire dans l’aéroport de Toulouse. En revenant sur la cession des 10,1% restants, sans doute le deal serait-il remis en question.
De quoi relancer, surtout, l’idée d’instaurer une golden share dans toutes les entreprises jugées stratégiques par l’Etat, ces pare-feux étant très efficaces pour maintenir la pression et un droit de regard sur les futurs agissements des participations cédées.Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

