[WARNING] Undefined array key "auteurEdito"
  in /home/wansquare/protected/helpers/seo_fonctions.php (line 142)

Warning: Undefined array key "auteurEdito" in /home/wansquare/protected/helpers/seo_fonctions.php on line 142
Gary Cohn : "seuls les idiots paient l’impôt sur la su... | WanSquare
WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Gary Cohn : "seuls les idiots paient l’impôt sur la succession"

Le conseiller économique de Donald Trump aurait eu des mots osés pour défendre la suppression de l’impôt sur la succession, qui rapporte de moins en moins d’argent. Un discours qui a choqué les membres du Congrès, qu'il courtise aux côtés du secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin.
Gary Cohn
Gary Cohn

La réforme fiscale est chapeautée par deux ex-banquiers de Goldman Sachs aux styles opposés. D’un côté, Steve Mnuchin, le secrétaire au Trésor, affiche un style discret et prudent, déférent vis-à-vis de Donald Trump et bien introduit auprès des députés et sénateurs républicains. De l’autre, Gary Cohn, qui se montre beaucoup plus impétueux et sans concession, a démontré sa grande connaissance économique et sa capacité à s’entourer de profils pointus. Mais son côté effronté a également suscité l’irritation des membres du Congrès lors de réunions préparatoires sur la réforme fiscale. Ainsi, pour défendre sa volonté de supprimer l’impôt sur les successions, il aurait déclaré : « seuls les idiots paient l’impôt sur les successions ». Une expression que nient ses proches, indiquant qu’il a simplement évoqué « des personnes ayant de mauvais montages fiscaux ».

Que la formule soit exacte ou non, cet exemple démontre comment Gary Cohn, qui n’est pas encore totalement au fait des rouages politiques au sein de Washington, a besoin de son alter ego, Steve Mnuchin, pour faire aboutir cette réforme fiscale. Les deux hommes auraient passé beaucoup de temps dans les dernières semaines à rencontrer les législateurs républicains, afin de trouver un terrain d’entente entre la Maison Blanche et le Congrès. Leur but est de multiplier les échanges, afin de dégager un consensus rapidement une fois le chantier lancé, et de ne pas reproduire les erreurs de la réforme de l’Obamacare.

Or, s’il a péché sur la forme, Gary Cohn a pourtant mis le doigt sur une faille importante du système fiscal américain. Les chiffres lui donnent raison : cette taxe de 40% sur le patrimoine supérieur à 5,5 millions de dollars par contribuable ou 11 millions par couple, ne concerne qu’un seul citoyen sur 500. Surtout, elle rapporte de moins en moins : selon l’administration fiscale, seuls 11.917 foyers ont payé cet impôt en 2015, un chiffre en baisse de 75% depuis 2006, et il n’a rapporté que 17 milliards de dollars, contre 25 milliards en 2008, et cela alors même que le nombre de milliardaires a largement augmenté sur cette période. Certes, ce mouvement a été accéléré par le gouvernement qui a porté le seuil de cette taxe de 2 à 5,5 millions de dollars.

Mais cela révèle surtout le nombre de moyens de s’affranchir de cette taxe aux Etats-Unis, que ce soit en créant un « trust » au bénéfice de ses héritiers et en y apportant son patrimoine, ou en allouant sa fortune à des associations, des dépenses qui ne sont pas soumises à l’impôt. Pour Gary Cohn et les défenseurs d’une élimination de cette taxe, elle profite surtout aux avocats et notaires, qui mettent en place des stratégies de contournement moyennant de juteux honoraires, et conduit à des dépenses inutiles. Pour les conseils évidemment, il en est tout autrement.

Reste qu’il s’agit là d’un seul élément d’un texte beaucoup plus large, qui conduira sans aucun doute à des concessions et arbitrages de la part de chaque camp. La réduction de l’impôt sur les sociétés de 35% à 15% pourrait ainsi être ramenée à 20% ou 25%, et le gouvernement pourrait abandonner le plafond à 35% sur la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, contre 39,5% aujourd’hui. Le principal enjeu étant de parvenir à financer ce coûteux chantier législatif, en pleines discussions pour éviter un nouveau « shutdown » fédéral.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article