Le patron de Deutsche Börse soupçonné de délit d’initié
La fusion Deutsche Börse/London Stock Exchange semble poser de plus en plus question. Il se murmure que Bruxelles aurait de nombreux desiderata dans le cadre de son enquête pour valider ou non le rapprochement. Demandes qui commenceraient à déplaire à la Bourse de Londres. Pour ne rien arranger, la justice allemande enquête sur le patron de la plateforme allemande. Carsten Kengeter a acheté pour 4,5 millions d'euros d'actions de sa propre entreprise, deux mois avant l'annonce en février 2016 de son projet de fusion avec le britannique LSE. Soit quelques semaines avant que le titre ne gagne 11%. Le parquet de la ville de Francfort "a enquêté aujourd'hui chez Deutsche Börse", a fait savoir mercredi soir le groupe dans un communiqué.
"Les enquêteurs examinent s'il y a matière à un possible soupçon de délit d'initié", a précisé le porte-parole de Deutsche Börse à l’AFP, tout en assurant que Carsten Kengeter "a toujours été transparent sur l'opération de rachat d'actions". "En septembre 2015, le conseil de surveillance de Deutsche Börse a mis en œuvre une modification du système de rémunération du directoire. Le conseil a souhaité que M. Kengeter agisse en véritable entrepreneur et lui a demandé d'acquérir sur ses fonds personnels des actions de Deutsche Börse, c'est ce qu'il a fait", a détaillé le porte-parole. Ce qui peut paraître un peu étonnant comme décision quand on sait à quel point ce type d’opérations dans ce genre de périodes structurantes pour les sociétés est scruté par les autorités, afin d’éviter les délits d’initiés.
Carsten Kengeter est à la tête de Deutsche Börse depuis juin 2015. Selon Reuters, la justice le soupçonne d’avoir déjà su à l’époque des faits qu’une fusion se préparait. Le président de la Bourse allemande n’a pas manqué de soutenir son co-équipier, estimant les soupçons « infondés ». Pour mémoire, Xavier Rolet, patron du LSE a indiqué qu’il prendrait sa retraite une fois l’opération achevée. Néanmoins, la fusion n’est pas encore effective et le dirigeant pourrait éventuellement revenir dans la course si on le lui demandait.
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