La rémunération de Carlos Ghosn largement adoptée en AG
AG pour une fois consensuelle pour le constructeur automobile Renault puisque le mandat de son bouillonnant PDG, Carlos Ghosn s’est vu renouveler facilement avec un score de 82,2% auprès des actionnaires tandis que ses rémunérations à venir, revues à la baisse par rapport aux précédentes, ont été validées à hauteur de 87,9% (contre 56,5% pour celles de 2017). Soit un sensible changement en effet par rapport aux précédentes réunions annuelles qui avaient vu soit ces émoluments retoqués soit votés à une très juste majorité.
Entre temps, les relations se sont apaisées avec l’Etat qui a revendu sa participation résiduelle et pris acte de la volonté de Carlos Ghosn d’organiser au mieux sa succession. Ce que l’homme fort de l’entreprise automobile a sommairement évoqué lors de l’AG en indiquant que la nomination de Thierry Bolloré en tant que directeur général délégué était une première étape « et que d’autres suivront ». De fait, le fixe du PDG de Renault passera au titre de l’année en cours à 1 million d’euros contre 1,23 million, tandis que la part variable sera réduite sur le même rythme. Par ailleurs l’arrivée au conseil d’administration de Thierry Derez, à la tête de Covea en lieu et place de Thierry Desmarais a été adoptée à une large majorité de 90,3% alors que celle de Pierre Fleuriot, ancienne grande figure de la Commission des Opérations de Bourse et de la banque (ABN Amro et Crédit Suisse), à la place de Marc Ladreit de Lacharrière, a été également plébiscitée (91,1%).
L’AG a donc surtout été l’occasion de faire un point sur les objectifs du groupe et les moyens qu’il compte mettre pour y aboutir. A l’horizon 2022, la firme ambitionne un chiffre d’affaires de 70 milliards d’euros avec une marge opérationnelle de 7% et la vente de 5 millions de véhicules. « A cette échéance, 100% des véhicules que nous vendrons seront connectés et nous serons largement présents dans le monde entier. L’Alliance nous aide énormément pour cela. Elle fonctionne bien et nous souhaitons plus que jamais la consolider», a déclaré le numéro un de l'entreprise. Et de préciser qu’il était très confiant sur le marché des véhicules électriques qui ne représente aujourd’hui que 2% des ventes dans le monde mais devrait, d’ici à 5 ans, connaître un véritable bond en avant. La demande est même telle actuellement qu’il ne peut y répondre totalement. De même a-t-il confirmé qu’il n’envisageait pas d’abandonner l’Iran malgré les récentes déclarations du Président américain. « Nous avons entamé dans ce pays des relations de long terme et il n’est pas question de partir. Nous adapterons juste la voilure en fonction des négociations en cours, dans l’optique de revenir plus en force d’ici un, deux ou trois ans lorsque les choses iront mieux. »
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