Philippe Duval (Edmond de Rothschild) : de l’équilibre avant toute chose
Philipe Duval est un calme, pas un mou. Celui qui vient de prendre la présidence d’Edmond de Rothschild Coporate Finance, et qui a monté son comité de direction, aime l’équilibre. Le banquier a ainsi fait monter la nouvelle génération tout en laissant leur place à certains piliers de l’institution. « L’idée avec cette gouvernance est d’atteindre un équilibre entre l’expérience, la connaissance du groupe et les forces montantes, avec leur énergie, leur volonté et leur implication », explique le dirigeant. Ce principe d’harmonie ponctue d’ailleurs tout le discours de Philippe Duval, qui insiste sur la nécessité d’avoir de l’ambition mais tout en respectant les règles et en s’inscrivant dans un projet pérenne. Philosophie, qui rejoint celle du groupe familial dans lequel il travaille, et que ce père de deux enfants s’applique aussi dans sa vie privée.
« Je suis un homme de consensus. La pire chose pour moi, c’est le conflit. Car le conflit, c’est l’échec. C’est ne pas avoir été capable de se comprendre. Je veux être quelqu’un qui fédère et qui est exemplaire même si on ne peut jamais faire l’unanimité. Ce qui signifie savoir dire les choses lorsque c’est nécessaire », développe le président de 56 ans. Ce dernier estime que pour réussir, notamment à convaincre les clients -ce qu’il adore faire- il faut être honnête dans sa démarche. « Vous avez des gens qui ont tout donné pour leur société. Ils vous font confiance. Vous devez les rassurer mais parfois aussi les challenger sur certains points. »
C’est un ancien patron d’Edmond de Rothschild, Patrice Dordet, qui a fait confiance à Philippe Duval. Les deux hommes se connaissaient d'ABN AMRO, établissement qu’avait rejoint Philippe Duval après une expérience à la Société Générale puis à la banque de Savoie. Il avait alors fait ses gammes dans le financement des PME ainsi que dans le marketing et l’animation d’équipes, puisqu’il avait notamment planché sur les Jeux Olympiques d'Albertville. Au sein d’ABN AMRO « j’avais envie de développer une logique de passerelle entre le corporate et le patrimonial mais ce n’était pas une priorité pour le Groupe », raconte Philippe Duval.
Ce dernier rejoint ensuite Lazard, dont il ne garde pas un souvenir impérissable. Début 2002 et après avoir été rappelé par Patrice Dordet, Philippe Duval rejoint Edmond de Rothschild. « Beaucoup de gens se demandaient ce que je faisais là. Pour eux, je n’étais pas un banquier privé. Je ne connaissais pas ce métier ». Il a fallu à Philippe Duval construire sa légitimité. Il considère l’avoir fait lorsqu’il était directeur des Régions pour la banque privée. Entre 2002 et 2012, il s’est en effet attelé à ouvrir des bureaux en France, que ce soit à Lyon ou à Lille. Aujourd’hui, le maillage rapporte 3,7 milliards d’euros, « from scratch ». « On a été au rendez-vous. Aujourd’hui c’est un vrai relais de croissance pour la banque privée, issu principalement de la ‘new money’ », rapporte Philippe Duval.
En 2014, alors que Vincent Taupin prend la présidence de la Banque Edmond de Rothschild, Philippe Duval le rejoint pour le seconder et lui apporter son concours sur les sujets liés à la maison. Puis, en 2015, Ariane de Rothschild prend la présidence du comité exécutif : « Cela a permis d’imprimer encore un peu plus la marque et de montrer là où l’on veut aller. Cette entreprise familiale veut continuer à innover tout en étant dans une logique pérenne », explique celui qui a rempli un autre défi dès 2016 en devenant CEO d'Edmond de Rothschild CF.
Le pari a visiblement été relevé et les chiffres continuent à aller dans le bon sens pour Philippe Duval puisque l’origination via la banque privée représente 40% des deals d'Edmond de Rothschild Corporate Finance en 2017, contre 25 % l’année précédente. Pour cette année, l’entité compte déjà sept opérations dont six exclusivités. « Nous ne sommes pas dans une logique de volume à tout prix, même si nous avons de fortes ambitions de développement. Le curseur, c’est la qualité de service dans l’exécution des deals », martèle Philippe Duval.
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