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Isolés du monde, les Etats-Unis surfent sur le plein-emploi
Donald Trump a promis de mettre en pratique son slogan « l’Amérique en premier », mais cela va-t-il se solder par une « Amérique seule » ? Pour l’instant, l’économie américaine continue de se rapprocher du plein-emploi : au mois de mai, elle a ainsi créé 138.000 emplois, soit moins que les 182.000 attendus par le consensus, mais un ralentissement était attendu, alors que les statistiques des derniers mois ont été très dynamiques. Mais le taux de chômage a encore reculé de 0,1 point à 4,3%, soit un plus bas depuis mai 2001 ! L’inflation des salaires a également été assez lente en mai, avec une progression à 2,5% en rythme annuel. « En réalité, cela est probablement plus une bizarrerie statistique qu’une tendance fondamentale. Le mois de mai a eu trois jours travaillés de plus, et les données ne s’adaptent pas, donc cela a pu déprimer les hausses de salaires », selon James Smith, économiste chez ING.
Si le chiffre des créations d’emplois a légèrement déçu, ces données sont jugées suffisantes par une grande majorité des analystes pour inciter la Fed à relever ses taux en juin. Si les Treasuries américains ont reculé en réaction à ces données légèrement en-deçà des attentes (en baisse de 5pb, à 2,15%), les futures sur les taux Fed attribuent la probabilité d’un resserrement monétaire en juin à 91% ce vendredi. « Le rapport sur l’emploi d’aujourd’hui aurait dû être horrible pour inquiéter la Fed, et les sous-performances sur les créations d’emplois et les salaires ne vont pas avorter une hausse des taux en juin », selon James Smith.
Lors de sa déclaration de jeudi, Donald Trump a revendiqué jeudi avoir créé 1 million d’emplois privés depuis son élection, (contre 601.000 emplois privés créés depuis janvier, selon les statistiques du Département du Travail). Mais quoi qu’il en soit, c’est surtout la décision prise par le Président de sortir les Etats-Unis des accords de Paris sur le climat, qui a provoqué beaucoup d’émotion chez les dirigeants américains, comme dans tous les grands pays du monde. Donald Trump a basé sa décision sur sa volonté de remplir ses promesses de campagne, jusqu’au bout et quelles qu’en soient les conséquences, et a martelé que ces accords, selon lesquels le pays s’était engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 26% d’ici à 2025, étaient mauvais pour l’économie américaine.
En décidant de sortir de l'accord le deuxième plus gros pollueur au monde derrière la Chine, le Président a défié l’ensemble de la communauté mondiale sous prétexte que cet engagement punissait son pays, et souhaite favoriser la production d’énergie fossile locale, notamment le charbon « propre ». Mais une telle décision, volontairement protectionniste, a aussi des conséquences très lourdes pour les relations à long terme des Etats-Unis avec ses partenaires commerciaux. De jour en jour, Donald Trump montre qu’il est un vrai populiste, prêt à toutes les provocations pour contenter ses électeurs, qui ont parié sur un chamboulement du système.
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