Eric Pinon (AFG) : représentant dans la gestion dans son ensemble
Depuis qu’il a été élu président de l’AFG, Eric Pinon consacre bénévolement près d’un tiers de son temps à défendre les convictions de l’association française de la gestion financière. L’homme fort de l’AFG est, en effet, en premier lieu associé-gérant de la société de gestion Acer Finance. Le reste de l’agenda de ce père de cinq enfants est aussi consacré à ses passions pour le Golf -sport où il a atteint un niveau plus que certain- et à la cuisine. Eric Pinon a d’ailleurs eu son propre restaurant : « Je suis passionné de cuisine. J’aime cuisiner pour quelqu’un, prendre le temps de lui faire plaisir », explique-t-il. L’intéressé met autant d’énergie à montrer comment l’intérêt collectif peut permettre de gagner la bataille de la compétitivité tout en étant au service de l’épargnant. Ce qui en fait un président investi de toute part.
Le mandat de deux ans de notre interlocuteur repose et reposera sur trois axes. Le dirigeant pense d’abord au renforcement de la compétitivité de la France, notamment dans le contexte du Brexit. Il estime également que les acteurs doivent travailler ensemble et enfin que l’éducation financière, pas seulement pour les professionnels, doit être améliorée. Sur ce sujet, l’AFG a notamment proposé ses services à la Banque de France et à Bercy qui travaillent sur la question. « Il faut commencer dès le plus jeune âge. Par exemple, les gens pensent qu’en investissant en assurance-vie, ils auront un paravent en cas de baisse des marchés actions. Or, cela est vrai pour les assurances en euro. Ils ne savent pas qu’il s’agit seulement d’une enveloppe fiscale dont la gestion peut être très différente », indique-t-il.
En ce qui concerne le marché français de la gestion, Eric Pinon l’a vu exploser au gré du temps. De moins de 50 sociétés de gestion en 1989, à une époque où le non coté n’existait pas, l’Hexagone en compte aujourd’hui 623. Sur la période, l’AFG a également évolué et Eric Pinon est d’ailleurs son premier président issu du monde entrepreneurial -« un homme de taux d’intérêt, un actuaire », comme il se qualifie. C’est-à-dire qu’il ne vient ni du monde bancaire ou assurantiel. « On a un métier qui a été trop segmenté. Il faut s’occuper de la cause commune », fait-il valoir.
En ce qui concerne les rapprochements déjà annoncés et potentiels des sociétés de gestion afin de peser, voire de survivre, Eric Pinon croit surtout, lui, à des partenariats. Des alliances qui permettraient à chacun d’avoir accès à des services complémentaires que le concurrence offre, par exemple. « C’est comme la cuisine. Dans les guides, on vous parle du service, de la cuisine et de la pâtisserie. Un bon restaurant doit être bon sur les trois points », indique Eric Pinon. Pour ce qui est des sociétés de gestion, ces dernières doivent avoir des techniciens de la gestion, des compétences en termes d’organisation interne et de bons commerciaux. « S’il leur manque un des points, il leur faut avoir une autre société à leur côtés pour les aider à être fortes partout. »
Eric Pinon pense également que les sociétés de gestion doivent justifier leurs prix. « On sort d’une époque où tout le monde acceptait des frais élevés. Aujourd’hui, les tarifs ont baissé mais on peut toujours pratiquer certains prix si on montre que l’on délivre un vrai service supplémentaire », estime-t-il. Le président de l’AFG rappelle également que les sociétés de gestion font un métier différent des banques, même si certaines maisons sont des filiales d’établissements financiers. Il est d’ailleurs ravi qu’Amundi (Crédit Agricole) soit devenu une marque à part, et espère que d’autres firmes connaîtront le même succès. Avec d’aussi bonnes formations, comme celles dont disposent la France, l’Hexagone ne manque pas de talents ; mais ces atouts, il faut les marketer. Et Eric Pinon semble être la personne idoine pour cela.
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